![]() COLLECTIF ÉTUDIANT sous la direction de Madeleine Gagnon Mot de bienvenue Présentation Biographies Citations Jeu questionnaire Démarche pédagogique |
Je m'appelle Hannah Arendt. Je suis une Juive née à Hanovre, en Allemagne, en 1906. Je n'étais qu'une enfant lorsque mon père est décédé. Il était ingénieur de formation et il avait une grande passion pour les auteurs classiques grecs et latins. Ma mère, quant à elle, pratique le français et la musique. Mes deux parents sont persuadés de la nécessité d'éduquer les jeunes filles. C'est pourquoi, de 1924 à 1929, je fais des études secondaires, durant lesquelles je fais preuve d'une précocité extrême pour la philosophie. Aussi, j'entreprends des études supérieures. Durant ces études, je suis tour à tour l'élève de Husserl, de Heidegger, qui sera jusqu'à la fin de ma vie mon maître et amant, et de Jaspers. Ce dernier, docteur en médecine, enseigne la psychologie puis la philosophie à l'université de Heidelberg. C'est lui qui dirige ma thèse: Le Concept d'amour chez Saint Augustin. De 1929 à 1931, je prends peu à peu conscience de mon identité juive et je réchappe miraculeusement d'une arrestation par la Gestapo. Suite aux persécutions faites aux Juifs par les nazis, je m'exile en France en 1933, où je réside à Paris. C'est au contact d'intellectuels de l'époque tels que Sartre, Raymond Aron, Stéphan Zweig et Bertolt Brecht que je milite dans les organisations visant à l'établissement puis la consolidation d'un État juif en Palestine et que je facilite le départ de nombreux Juifs vers la Palestine. Après avoir passé quelques temps dans les kibboutz, des fermes collectives en Israël, je reviens émerveillée mais préoccupée par l'aveuglement dont font preuve les sionistes face à la question arabe. Je rencontre ensuite Heinrich Blücher à Paris. Cet homme devient quelques années plus tard mon mari. Il est aussi le révélateur de ma passion pour la philosophie politique. Fuyant le régime de Vichy, je pars pour les États-Unis en 1941 avec mon mari et ma mère. De 1945 à 1948, je travaille sur mes premiers ouvrages fondamentaux. Je dirige la Commission pour la renaissance de la culture juive en Europe et je travaille au côté des existentialistes. En 1948, je retourne en Europe, heureuse d'entendre à nouveau parler la langue allemande et de retrouver Heidegger, que je n'abandonnerai jamais. Je deviens citoyenne américaine en 1951. Je romps avec la politique de l'état hébreu en 1952, suite aux massacres de Kybia. De 1953 à 1958, je donne de nombreuses conférences dans les plus prestigieuses universités et je critique le marxisme et la société américaine qui favorisent, selon moi, les écarts entre la pauvreté des uns et la richesse des autres. En 1961, je demande à couvrir le procès d'Adolf Eichmann. Je meurs en 1975, à l'âge de 69 ans. J'ai publié de nombreuses oeuvres, au cours de ma vie. Il y a eu Le Concept d'amour chez Saint Augustin, une thèse dirigée par mon maître Jaspers, en 1929. J'ai ensuite publié un écrit en 1951, Les Origines du totalitarisme, ouvrage dans lequel je tente de savoir: " ce qui s'est passé, pourquoi cela s'est passé et comment cela a-t-il pu se passer ". Ce dernier ouvrage m'a rendue célèbre. Par la suite, j'ai écrit La Condition de l'homme moderne, en 1958, qui interroge I'oeuvre, le travail et l'action ; Essai sur la Révolution, en 1963 et La Crise de la Culture, en 1968. Ce dernier livre représente huit exercices de pensée politique dédiés à mon maître Blücher et dans lequel je me demande: " comment penser dans la brèche laissée par la disparition de la tradition entre le passé et le futur ". C'est au cours des années 1958 à 1961 que je publie un ouvrage intitulé La Vie d'une Juive allemande, que j'avais commencé en 1928. En 1972, je publie deux livres: Le Système totalitaire et Du Mensonge à la violence. Finalement, j'ai publié Sur l'Antisémitisme, en 1973 et Eichmann à Jérusalem, Rapport sur la Banalité du Mal, en 1976. Mon dernier écrit s'intitule La Vie de l'esprit, et il fut publié en 1978, bien qu'incomplet. Le procès d'Adolf Eichmann que je couvre pour un journal new-yorkais donne naissance à un livre très controversé: Eichmann à Jérusalem, Rapport sur la Banalité du Mal. Je déclare dans cet ouvrage: " Eichmann n'est pas un Richard Ill, il ne lui serait jamais venu à l'idée de faire le mal par principe ". J'affirme que son seul crime est de ne pas avoir pensé qu'il faisait le mal et que, dans un monde privé de repères, bien des hommes sont incapables de distinguer le bien du mal. Bien qu'aux États-Unis ils reçoivent un accueil très favorable, mes écrits provoquent des réactions d'une rare violence de la part de la communauté juive internationale. Je suis accusée par certaines personnes d'avoir une faiblesse pour les nazis et certains font rejaillir ma liaison avec Heidegger, qui s'était engagé temporairement au côté des nazis en 1948. Je reste marquée jusqu'à la fin de ma vie par l'incompréhension dont je fais l'objet après la sortie de mon livre sur le procès d'Eichmann. Geneviève Khayat
Bibliographie
J'ai l'habitude de dispenser mes cours en marchant dans les jardins de mon école. Et oui, je suis péripatéticien. Mais qui suis-je donc ? Je suis Aristote, philosophe et naturaliste grec. Je suis né a Stagire, ville de Chalcidique, en 384 av. J.-C. Mon père, Nicomaque était le médecin personnel du roi Amyntas II. Ma mère est issue d'une famille aisée de Chalsis en Eubée. Dès mon tout jeune âge, je bénéficie d'une très bonne éducation. Je déménage ensuite à Pella en Macédoine avec ma famille. Je me lie rapidement d'amitié avec le fils du roi, Philippe. Mais, comble de malheur, je perds mon père et ma mère successivement, et ce très tôt dans ma vie. Je tombe orphelin à l'âge de 11 ans. Ma garde est alors confiée à Proxène d'Atarnée, un ami de mon père. Avec lui, je peaufine mon apprentissage. J'étudie de nombreuses disciplines et mon insatiable soif de connaissances m'oblige à quitter Pella pour Athènes en 367 av. J.-C. où se rassemblent à l'époque tous les grands penseurs. À l'âge de 17 ans seulement, j'entre à l'école d'Isocrate. Insatisfait par ce professeur, je quitte pour l'académie de Platon, où réellement s'amorce ma vie de philosophe. Dès mon entrée à l'Académie, je suis brillamment remarqué par Platon. Il me surnomme alors " le lecteur " ou parfois même " l'intelligence ". Je passe 20 ans auprès de mon maître durant lesquelles j'accumule une somme incalculable d'informations sur divers sujets. À sa mort, je quitte l'Académie, car la direction est alors confiée à Speusippe, neveu de Platon, de qui je deviens un peu jaloux. Je me dirige ensuite à Assos pour y fonder une école avec Théophraste (premier botaniste de l'histoire). Je profite des 5 années passées dans cette école pour étudier la biologie en général, mais plus précisément la biologie animale. Mais en 343 av. J.-C., mon ami Philippe de Macédoine me mande de devenir le précepteur de son fils Alexandre Le Grand, futur héritier du trône. Mon mandat n'est pas complètement rempli, mais je retourne à Stagire, ma ville natale, pour y poursuivre mes travaux sur les animaux, principalement sur le cheval. Alexandre hérite du trône. Je retourne ensuite à Athènes pour y fonder une autre école, le Lycée, qui rivalisera avec l'Académie. J'y enseigne alors la rhétorique, la connaissance et la gestion des affaires publiques, la philosophie, l'histoire naturelle ou encore la physique. Je meurs en 322 av. J.-C. en laissant inachevés plusieurs traités. J'ai écrit pas moins de 200 oeuvres, mais seulement une quarantaine sont parvenus jusqu'à votre époque. À ma mort, je confie mes oeuvres à Théophraste qui lui même en fait cadeau à ses descendants. C'est sûrement pour cette raison que plusieurs d'entre elles sont perdues. Mes travaux sont divisés en 3 principales branches: les traités, les dialogues et les travaux systématiques. Mes traités sont écrits à propos de plusieurs sujets différents tels que: la logique (Organon), la philosophie, la physique, la nature (Parva Naturalia) ainsi que plusieurs autres. Tels que prouvés par plusieurs chercheurs de renom, mes travaux d'anatomie animale sont d'une réelle justesse. En physique, je suis un des premiers à proposer la rotondité de la terre. Mais, il en va autrement pour mes observations sur l'anatomie humaine. Selon mes théories, le coeur serait le siège de la conscience et le cerveau ne servirait qu'à refroidir le sang. Certaines de mes observations en biologie sont considérées comme extravagantes par mes pairs, mais seront confirmées plus tard. Mes oeuvres principales sont sans l'ombre d'un doute mes traités sur les animaux. Dans le but d'étudier les animaux avec le plus de précision possible, je mets au point une toute nouvelle méthode de recherche. Je prône l'observation systématique des faits avant toute réflexion. C'est pour cette raison que je pratique des dissections pour comprendre le fonctionnement des organes. Je remarque plusieurs faits importants chez certains animaux, comme le fait que la roussette naît toute formée. J'entreprend ensuite de classifier tous les animaux selon la complexité de leur âme. Mes travaux serviront plusieurs siècles plus tard comme prototype à la classification des espèces. Plusieurs traités de ce domaine découlent de ces recherches dont: La génération des animaux, L'histoire des animaux et Le mouvement des animaux. Stéphane Esculier
Bibliographie
Je suis la fille d'Axiochus, née à Milet il y a environ 2 500 ans. Le temps s'écoule et l'environnement dans lequel je grandis est oublié. Même la cause de mon arrivée à Athènes et celle de ma rencontre avec Périclès restent nébuleuses. Par contre, je ne suis pas restée inaperçue. Sous le statut de métèque, je suis, dès le départ, un peu plus libre que les femmes grecques, mais il m'est alors interdit par la loi d'épouser un Athénien. Périclès a marié sa femme à un autre, avec son consentement, car il y a une totale aversion entre eux. Il recommence donc sa vie avec moi, en tant que simple concubine. Le rôle des femmes à mon époque est très restreint. Leurs principales tâches sont de rester au gynécée, l'entretenir et s'occuper de l'éducation des enfants, alors que les hommes s'occupent principalement des affaires de la cité. J'échappe à cette vie car je suis ce que l'on peut appeler une courtisane. D'ailleurs, je n'ai eu qu'un fils qui porte également le statut d'étranger par la loi voulant que tout Athénien doit être de mère et de père Athéniens. Cette loi a été imposée par Périclès lui-même, alors qu'il m'était encore inconnu. Lorsque les deux fils que Périclès avait eus auparavant meurent, le peuple permet l'abolition de cette loi et remet à mon fils le titre que mérite un fils d'empereur, et il devient ainsi son successeur. Je vis donc une belle vie en compagnie de mon amant, qui m'aime si fort qu'il ne sort jamais sans m'avoir tout d'abord embrassée tendrement... J'ai réalisé de grandes choses pour une femme de mon époque, malgré que je n'ai laissé aucun écrit. Tout d'abord, Périclès est séduit par mon savoir et mes connaissances en politique. Ainsi je deviens la première dame de la cité. Je règne donc sur la vie intellectuelle d'Athènes. Je reçois à ma maison les esprits les plus distingués du temps tels, Sophocle (poète tragique), Phidias (sculpteur des marbres du Parthénon), Callicratès et Hippodamos, des architectes de Milet. Même Socrate amène ses amis pour s'entretenir avec moi. Étant une habile rhétoricienne, je donne des cours de cet art à plusieurs Athéniens. On soupçonne même les discours de Périclès d'être écrits de ma main. Lors de réceptions, certains citoyens amènent leurs femmes avec eux, preuve qu'ils me croient digne d'être écoutée; fait plutôt surprenant pour une dame exerçant le simple métier de courtisane et qui en abritent quelques-unes en sa demeure. Alors, survient la guerre de Samos, qui se termine de façon tyrannique. Mes ennemis m'intentent donc un procès pour trahison et impiété. Mon mari doit me défendre, car mon statut m'interdit de me représenter par moi-même. Il fait un très bon travail et me sauve de la pendaison. Par ailleurs, je suis considérée comme une très jolie femme. Si bien que, Cyrus, un grand conquérant, donnera le nom d'Aspasie à sa concubine préférée, laquelle se nommait auparavant Milto. Aujourd'hui encore, mon nom (Aspasie) est toujours synonyme de grande beauté. Annie Garneau
Bibliographie
Je suis Simone-Lucie-Ernestine-Marie-Bertrand de Beauvoir et je suis née le 9 janvier 1908 dans un milieu bourgeois de Paris. Durant mon enfance, j'ai été comblée de joie, bref j'étais très heureuse. Mon père est avocat, homme de culture comme on le surnomme au début du siècle. Il est aussi très brillant. Ma mère, une femme très stricte et très croyante en Dieu, est toujours restée à la maison pour prendre soin de ma soeur cadette et de moi. Malgré l'insistance de ma mère, je suis devenue athée à l'adolescence et j'ai décidé de consacrer le reste de ma vie à l'écriture et aux études, renonçant ainsi au chemin qui m'était déjà tout tracé d'avance; celui d'être mère et épouse. J'ai étudié la philosophie à la Sorbonne à Paris où j'ai passé mon agrégation en 1929 à l'âge de 21 ans. Par la suite, j'ai enseigné durant plusieurs années dans de nombreuses universités notamment: Marseille, Rouen et Paris. J'ai terminé ma carrière d'enseignante en 1943 lorsque j'avais 35 ans. Durant ma vie, j'ai beaucoup voyagé: les Etats-Unis, la Chine, Cuba, l'URSS ne sont que quelques exemples de mes nombreux voyages. Durant mes études, j'ai rencontré un homme qui a marqué un tournant décisif dans mon existence; Jean-Paul Sartre. Avec cet homme, j'ai mis en pratique un grand nombre de principes. J'ai vécu une relation très spéciale avec cet homme car je ne me suis jamais mariée, je n'ai jamais vécu avec Jean-Paul et en plus, nous nous sommes même autorisés allègrement d'avoir des liaisons hors de notre couple. Avec Jean-Paul, j'ai même établi quelques fois des relations triangulaires avec une tierce personne, comme Nelson Algren, un Américain de Chicago. J'ai bien apprécié ce mode de vie qui exprime une très grande liberté et aussi une très grande confiance mutuelle. Après la mort de Jean-Paul Sartre en 1980, ma santé physique et mentale s'est beaucoup détériorée, et ce par une dépendance à l'égard de l'alcool et des amphétamines. Je suis morte à l'âge de 78 ans, le 14 avril 1986 et je suis enterrée dans le même tombeau que Jean-Paul Sartre dans le cimetière de Montparnasse. L'idée fondatrice de toutes mes oeuvres est celle de liberté; liberté pour la femme, mais aussi la liberté de tous les individus. Selon moi, la notion de liberté implique plusieurs choses dont en grande partie la notion de responsabilité. Mon premier roman a été L'Invitée (1943) qui était inspiré d'une relation triangulaire. C'est seulement après la guerre que j'ai commencé à écrire de façon intensive avec: Pyrrhus et Cinéas (1944), Le sang des autres (1945), Tous les hommes sont mortels (1946), Pour une morale de l'ambiguïté (1947), Le deuxième sexe (1949). En 1954, j'ai gagné le prix Goncourt pour mon roman Les Mandarins qui traitait des problèmes posés aux intellectuels par les événements de la guerre. Par la suite, je me suis presque exclusivement consacrée à mon autobiographie: Mémoires d'une jeune fille rangée (1958) où j'évoque ma jeunesse et la période de mes études, La force de l'âge (1960) où j'expose mes expériences de femme et de professeur, La force des choses est un ouvrage de maturité. Par la suite, j'ai écrit des livres qui ont étés vraiment très éprouvants: Une mort très douce (1964) qui raconte la mort de ma mère et La cérémonie des adieux (1981) que j'ai écrit peu après la mort de Jean-Paul Sartre. Mon livre le plus célèbre est: Le deuxième sexe. Pour écrire ce livre, j'ai interviewé de nombreuses femmes pour découvrir le véritable rôle qu'elles ont joué. Certaines personnes verront ce livre comme étant la Bible du féminisme, mais ce ne fut pas le cas au départ. Dès sa sortie en 1949, Le deuxième sexe fait bruyamment parler de lui. Rarement, un livre écrit par une femme sur les femmes aura suscité tant de débats passionnés. Les textes de Le Deuxième sexe ont mis à l'épreuve plusieurs consensus sacrés de notre époque. Parfois, dans ce livre, j'essaie un peu de changer toutes les injustices ou les préjugés que les femmes subissent ou du moins d'améliorer la situation des femmes. Marie-Chantale Lord
Bibliographie
À ma mort, les journaux titrent: " Une mort absurde pour le philosophe de l'absurde. " Qui suis-je? Je suis Albert Camus et je suis né à Mondovi dans une famille plus que modeste. Survient alors la Première Guerre mondiale. Mon père, ouvrier agricole est tué au front. Nous nous installons en Algérie, plus précisément à Belcourt dans un petit logement et nous vivons grâce aux ménages et menus travaux de ma mère. Malheureusement, en raison d'une quasi-surdité et d'une difficulté à parler, ma mère doit laisser le soin de mon éducation à ma grand-mère, maîtresse femme. Mon enfance est très difficile à vivre, mais avec les années, je réalise que ce fut ma véritable école de vie, source de maturité. Grâce à mon oncle, je prends finalement un peu goût à la lecture, mais je préfère encore consacrer du temps à l' amitié, aux baignades et au football. À l' école, mon instituteur, Louis Germain, me pousse à passer le concours des bourses: je peux ensuite poursuivre mes études au Lycée d' Alger et à l'université. Malheureusement, ma joie de vivre est anéantie quelque peu par mes premières atteintes d'une terrible maladie: la tuberculose. Les rechutes sont nombreuses et dévastatrices. Je finis par bien m' en tirer tout de même. Le message que je retiens de cette expérience est que la vie est fragile et vulnérable, il faut la vivre pleinement. À la même période, je fais la rencontre de Jean Grenier, un enseignant. Cet homme me fait découvrir la philosophie et me transmet le goût de l'écriture. De plus en plus, mes écrits se distinguent, de plus en plus, je trouve ma propre philosophie et je ressens le besoin de la transmettre. Mes premiers essais parlent plutôt de la condition humaine en général. Ensuite, je découvre l'absurdité de la vie, le désespoir, la révolte. Je me distingue ensuite avec quelques pièces théâtrales et quelques essais qui ont un succès précipité. Quelques années plus tard, j'entre dans la Résistance afin d'empêcher l'occupation Allemande dans mon pays et j'y contribue non pas en tant que militaire, (je souffre toujours de cette tuberculose) mais en tant que rédacteur du journal Le combat où je suis chargé de missions de renseignements. Par la suite, mes oeuvres se succèdent et je suis de plus en plus reconnu auprès du public. En 1957, je me vois décerné le prix Nobel de la littérature. Le 4 janvier 1960, alors en pleine gloire, j'ai un accident fatal d'automobile, Un autre élément absurde s'ajoute: on trouve un billet de train dans ma poche alors que j'avais choisi de voyager en auto… J'ai traduit dans mes essais (Le Mythe de Sisyphe, 1942), mes romans (L'Étranger, 1942; La Peste, 1947; La Chute, 1956) et mon théâtre (Caligula, 1945; Les Justes, 1949) le sentiment de l'absurdité du destin humain né du choc de la Seconde Guerre mondiale; de 1940 à 1945, en trois oeuvres majeures, ma philosophie s'élabore. Meursault, dans L'Étranger, tue un Arabe presque par hasard et éprouve dans sa cellule l'indifférence du monde. Au théâtre, c'est Calicule, incarné par Gérard Philipe, qui entend pousser l'absurdité des choses jusqu'à susciter la révolte. Dans Le Mythe de Sisyphe, j'aborde les mêmes questions de façon théorique: faute d'un sens à la vie, l'homme peut en dépasser l'absurdité par la " révolte tenace " contre sa condition. Mon essai L'Homme révolté provoque une longue et violente controverse: des journalistes m'attaquent, des partis politiques, des écrivains, comme Jean-Paul Sartre ou André Breton, me reprochent des tendances " bourgeoises ". J'ai résumé L'Étranger, il y a très longtemps, par une phrase dont je reconnais qu'elle est très paradoxale: Dans notre société, tout homme qui ne pleure pas à l'enterrement de sa mère risque d'être condamné à mort. Je voulais dire seulement que le héros du livre est condamné parce qu'il ne joue pas le jeu. Donc, il est étranger à la société où il vit, il erre, en marge, dans les faubourgs de la vie privée, solitaire, sensuelle. Voilà pourquoi plusieurs lecteurs l'ont considéré comme une épave. On aura cependant une idée plus exacte du personnage, du moins plus conforme à mes intentions, si l'on se demande en quoi Meursault ne joue pas le jeu. La réponse est simple, il refuse de mentir. Mentir, ce n'est pas seulement dire ce qui n'est pas. C'est aussi, c'est surtout dire plus que ce qui est et dire plus qu'on ne sent. Meursault, contrairement aux apparences, ne veut pas simplifier la vie. Il dit ce qu'il est, il refuse de masquer ses sentiments et aussitôt la société se sent menacée. Meursault pour moi n'est donc pas une épave, mais un homme pauvre et nu, amoureux du soleil qui ne laisse pas d'ombre. Loin d'être privé de toute sensibilité, une passion profonde, parce que tenace, l'anime, la passion de l'absolu et de la vérité. Il s'agit d'une vérité encore négative, la vérité d'être et de sentir, mais sans laquelle nulle conquête sur soi ne sera jamais possible. On ne se tromperait donc pas beaucoup en lisant dans L'Étranger l'histoire d'un homme qui, sans aucune attitude héroïque, accepte de mourir pour la vérité. Manuel-Champagne Plante
Bibliographie
Vous ne connaissez probablement pas mon oeuvre, mais peut-être connaissez-vous la rue qui porte mon nom ? Mais commençons par le début. Nous voici donc à Montréal, le 10 juillet 1896, jour de ma naissance. Ma mère, Blanche Macdonald et mon père Rodolphe Forget, décident de m'appeler Thérèse. Je suis leur deuxième enfant, et ils prévoient en avoir encore d'autres. Mon père, natif de Terrebonne est d'une vieille souche française et ma mère elle, est de descendance écossaise et française. Plus je vieillis et plus j'admire mon père pour son oeuvre sociale. On lui doit entre autres, une école à St-Irénée, une ferme modèle et le chemin de fer entre Malbaie et St-Joachim en banlieue de Québec, ainsi que le magnifique Manoir Richelieu de la Malbaie. J'ai comme modèle des femmes du milieu aisé qui se dévouent aux soins des pauvres et des malades. Je peux dire que j'ai eu une jeunesse heureuse, dorée même. J'étudie au pensionnat des Dames du Sacré-Coeur du Sault-aux-Récollets, puis je passe mes vacances à la grande maison familiale que mon père a fait bâtir sur les hauteurs de Charlevoix, à St-Irénée, face au fleuve St-Laurent. Je suis maintenant une jeune femme lorsqu'on me présente un jeune avocat charmant et sérieux du nom de Pierre Casgrain. Il me plaît immédiatement. Nous nous marions le 19 janvier 1916. Puis nous partons en voyage de noces à Cuba. Pour la première fois je suis frappée par le spectacle de la pauvreté extrême qui côtoie la plus grande richesse. Ce tableau restera à jamais gravé dans ma mémoire. A notre retour, Pierre et moi nous installons dans notre première résidence à Montréal, rue Bishop, endroit très calme et éloigné du centre des affaires. C'est dans cette maison que nous fondons une famille heureuse, avec nos 4 enfants. Je m'éteins dans mon sommeil, le 3 novembre 1981. Nous sommes dans les années vingt et déjà, je commence à m'occuper des questions sociales et politiques de l'heure. En effet, en 1921, je deviens un des piliers du mouvement féministe lors de la fondation du Comité provincial pour le suffrage féminin. En faisant cela, je prends la relève de Carrie Derrick, Grace Ritchie-England et de Marie Gérin-Lajoie, cette dernière étant ma grande amie. Je suis maintenant connue partout au Canada français grâce à mon émission à Radio-Canada qui s'intitule Femina. En 1945, lors de la deuxième guerre mondiale, je m'oppose au fait que les premières allocations familiales soient versées aux pères de familles plutôt qu'aux mères. Grâce à ma campagne de presse et à mon amitié avec le premier ministre Mackenzie King, j'obtiens un changement de dernière minute; les chèques vont finalement aux femmes du Québec. L'année suivante, mes convictions politiques m'amènent à me joindre à la Cooperative Commonwealth Federation (CCF). Je m'y présente plusieurs fois sans jamais m'y faire élire. Puis, en 1966, je fonde la Fédération des Femmes du Québec afin d'y regrouper les organisations féminines existantes. Les causes pour lesquelles je me dévoue sont innombrables: mentionnons l'éducation aux adultes, la Société des concerts symphoniques de Montréal, les victimes de la guerre du Viêt-Nam et le statut des femmes autochtones. Plusieurs années plus tard, je deviens une fondatrice de la Ligue des droits de l'homme. En 1970, je suis nommée au Sénat mais je n'y reste que neuf mois afin de prendre ma retraite obligatoire. A ce sujet, voici une petite anecdote; un jour, un journaliste m'a demandé ce que je comptais accomplir en neuf mois au Sénat. Je lui ai donc répondu: " Jeune homme, vous seriez surpris d'apprendre ce qu'une femme peut accomplir en neuf mois ! " Puis, j'ai écrit, en 1971, mon autobiographie intitulée: Une femme chez les hommes. Aurélie Jean
Bibliographie
Je suis Gabrielle Chasnel, plus connue sous le nom de Coco Chanel. Je suis née à Saumur, en France le 19 août 1883. Mes quatre frères et soeurs, ainsi que moi-même, avons été confiés à un orphelinat près de Brive vers l'âge de douze ans. J'y ai vécu pendant 7 ans. Je ne sais trop pour quelle raison, mais mon père nous a tous abandonnés, après la mort de ma mère. Je n'ai pas plus de renseignements sur mes parents. J'ai été élevée dans un orphelinat et c'est dans cet endroit que j'ai connu la solitude et que j'ai découvert ma passion pour la mode. J'ai connu mon premier amour auprès de Boy Capel et je me réserve le droit d'affirmer que ceci a été une belle expérience. Finalement, je suis décédée à l'âge de 88 ans. Je suis une personne qui veut changer la vision de la femme, J'ai inventé et créé des robes de toutes sortes pour rendre la femme plus jolie et mieux adaptée au style de mon temps. En 1909, je démarre ma maison de couture sur la rue Cambon. Je suis douée d'une forte personnalité. Je suis une femme sportive et d'action, alors je me distingue par la création de vêtements dans lesquels on se sent à l'aise, fait de matières souples et confortables. En 1926, j'invente la " petite robe noire " puisque la robe courte n'existait pas à l'époque. Après la crise de 1929, je décide de changer de style et j'offre aux femmes des vêtements plus féminins, robes de mousseline, de dentelle ou de tulle. J'apporte, au monde du théâtre et du cinéma, ma contribution. Dès la seconde guerre mondiale, je me retire et ferme ma maison donc je licencie mon personnel et je cesse la création. Et je reviens sur la scène de la mode en 1954. Je n'ai pas écrit de livre, mais plusieurs auteurs l'ont fait pour moi. Quelque uns ont rédigé des romans sur ma vie. Pierre Galante a écrit: Mademoiselle Chanel, Charles Edmond Roux a écrit un livre qui porte mon nom et j'inspire encore bien des auteurs... Comme mes amies adoraient les chapeaux, j'ai décidé d'être modiste. J'ai été connue tout d'abord pour les chapeaux à la mode, puis toutes sortes de vêtements pratiques, mais à la mode en même temps. C'est en 1910 que j'ouvre ma première vraie boutique sur la rue Cambon à Paris. Je suis une couturière qui a inventé une nouvelle vision de la femme, à la fois féminine et libérée, audacieuse et simple, infiniment moderne. Je ne dessinais pas mes modèles, je les assemblais directement sur la cliente, de façon à sentir le corps bouger. À la fin de la première guerre mondiale, en 1921, j'ai lancé mon parfum: CHANEL n. 5, qui m'a rendue célèbre. Dans les années 1920, les femmes ne portaient que de lourdes robes longues. Alors en 1926, j'ai inventé " la petite robe noire ". C'est une petite robe noire très simple, mais à la fois très stylisée qui se termine juste au-dessus des genoux. Annick Savard
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Je me nomme Marya Salomea Sklodowska et je suis d'origine polonaise. Je suis la cinquième enfant d'une famille qui compte déjà trois filles. Mon père, du nom de Wladislaw, et ma mère, du nom de Bronislawa, sont tous les deux enseignants à Varsovie. Durant mon enfance, les héros polonais sont ceux qui enseignent à la génération montante et qui transmettent à cette génération, l'histoire du patrimoine polonais. À l'époque, apprendre est un privilège et non pas un droit. Dès l'âge de 4 ans, je sais lire. Tout au long de cette période de ma vie, mon père accepte des pensionnaires à la maison. L'une d'entre elles, atteinte du typhus, contamine ma soeur, Sofia, ainsi que ma mère. Ces êtres chers à mes yeux, furent tous les deux, emportés par la maladie. À l'âge de 16 ans, mon père m'envoie passer un an dans une famille à la campagne en échange de quelques vagues leçons pour leurs enfants. Dès mon retour à Varsovie, je commence à donner des leçons d'arithmétique, de géométrie, de français et je fréquente alors l'université volante. Cette université consiste en des cours d'anatomie, des cours d'histoire naturelle et des cours de sociologie donnés clandestinement par un groupe d'intellectuels polonais. Ma soeur, Bronia, rêve d'étudier la médecine mais elle doit aller étudier à Paris, car en Pologne, les femmes ne sont pas toujours admises à l'université. J'ai fait pour elle de grands sacrifices. Je deviens institutrice et lui propose de lui envoyer mon salaire afin qu'elle puisse payer ses études. Ceci dura 5 ans. En septembre 1891, à 24 ans, je vais la rejoindre à Paris et je m'inscris à la Faculté des sciences dans un établissement public d'enseignement supérieur, nommé la Sorbonne. Je francise mon nom cette même année. À partir de ce moment mon nom est Marie Sklodowska. Au printemps 1894, un physicien séjournant à Paris me présente Pierre Curie, un autre physicien qui est de 20 ans mon aîné. Peu de temps après cette rencontre, je deviens amoureuse de lui et nous nous marions le 26 juillet 1895 à Sceaux. À la suite de notre mariage, je deviens madame Marie Curie. Le 12 septembre 1897, je mets au monde une petite fille du nom d'Irène qui deviendra, elle aussi, une scientifique remarquable. Elle sera l'une des trois femmes qui participent pour la première fois à un gouvernement et mettra deux enfants au monde. Le 6 décembre 1904, est la date à laquelle ma deuxième fille naît. Son prénom est Ève. Au début de l' après-midi pluvieuse du 19 avril 1906, mon mari meurt écrasé par un fourgon à cheval. Irène épouse Fréderic Joliot en 1926. En 1934, je meurs d'une leucémie. Irène décède à son tour d'une leucémie en 1956 et aura des obsèques nationales. Mes cendres sont au Panthéon à Paris. Dès mon enfance, je rêve d'une carrière scientifique, une idée inconcevable à ce moment.. Pourtant, peu de temps après mon inscription à la Sorbonne, je suis reçue première à la licence de physique et j'obtiens ainsi une bourse du gouvernement qui va me permettre de suivre une licence en mathématiques et de commencer, en même temps, des recherches sur les propriétés de certains aciers. En juillet 1894, je suis brillamment reçue seconde à cette licence de mathématiques. Mon mari, Pierre, enseigne en chimie tandis que je poursuis mes recherches scientifiques sur les propriétés magnétiques de certains aciers dans son laboratoire. Le soir, je prépare le concours d'agrégation de l'enseignement secondaire où je suis reçue première en juillet 1896. Bien qu'en 1897 je deviens mère de famille, ceci ne m'empêche tout de même pas de vouloir faire une thèse. À trente ans, au mois d'octobre de la même année, je choisis, comme sujet pour ma thèse, l'étude des propriétés des rayons uraniques. J'examine systématiquement un grand nombre de composés chimiques et de minéraux et je découvre ainsi un élément radioactif inconnu. Je m'efforce alors de découvrir les propriétés de cet élément. Je découvre, en juillet 1898, le polonium que je nomme ainsi en l'honneur de ma patrie d'origine, puis le radium en décembre de la même année. Ma vitalité et mon génie surprennent. Le 25 juin 1903, je soutiens ma thèse titrée Recherches sur les substances radioactives ; en novembre, la médaille Davy m'est décernée par la Société Royale de Londres et le 10 décembre, mon époux et moi recevons, conjointement avec Henri Becquerel, le prix Nobel de physique. Cependant, nos ennuis de santé nous empêchent d'aller recevoir le prix à Stockholm. En 1910, je publie un ouvrage sur la radioactivité de 1000 pages où je résume ma recherche. En 1911, j'obtiens un deuxième prix Nobel de chimie. En 1911, je dois faire face au scandale. La presse apprend à tous que je suis amoureuse d'un ancien élève de mon défunt mari, un homme marié... Mais je ne me laisse pas abattre. À partir de 1914, je dirige le pavillon Curie de l'Institut du Radium, l'un des plus important laboratoire de recherche à cette époque. En 1921, je fonde l'Institut Français du Radium et je lui adjoins une fondation thérapeutique, la Fondation Curie. Peu de temps avant ma mort, ma fille Irène et son mari découvrent la radioactivité artificielle. Plus tard, ils recevront, à leur tour, un prix Nobel de chimie. Pendant la seconde guerre mondiale, soit en 1945, Irène deviendra directrice de l'Institut du Radium. C'est en 1934, irradiée par des substances radioactives auxquelles j'ai consacré ma vie que je mets un point final à ces multiples recherches remplies de succès, presque aveugle, mes doigts brûlés par mon " cher " radium. Sarah Théberge
Bibliographie
Musicienne, poétesse, écrivaine, naturopathe et mystique, qui suis-je ? Je suis Hildegarde de Bingen, née le 17 août 1098 à Bermeisheim, une ville de l'Ouest de l'Allemagne. Je suis la dixième enfant d'une grande et noble famille. Dès ma plus tendre enfance, je fais des choses plutôt incroyables. En effet, à l'âge de quatre ans, je suis capable de décrire avec précision les particularités d'un veau dans le ventre de sa mère. À huit ans, mes parents me confient sous la protection d'une communauté religieuse de Disibodenberg, près de Bingen. C'était tout d'abord pour mon éducation, mais à l'âge de quatorze ans, je décide de devenir religieuse moi aussi. À la mort de Jutta de Sponheim, alors que j'ai trente-huit ans, je lui succède en tant que Mère supérieure. Mes nombreuses et intenses visions m'interrogent beaucoup. Je me confie donc à Bernard de Clairveaux, qui me conseille de les mettre par écrit. Le pape Eugène III me fit aussi cette recommandation. Ma réputation dépasse alors les frontières de l'Europe. Je crois sincèrement en la relation corps-esprit-âme. L'harmonisation de ces divers courants de notre vie avec le Cosmos et notre Créateur amène le trésor le plus précieux : la joie. J'ai quitté le couvent de mon enfance avec trente consoeurs pour en créer un nouveau, en 1147 à Ruperstberg. J'en ai même crée un deuxième à Elbingen en 1165. Peu après 1177, le couvent dans lequel j'habitais fut frappé d'excommunication et d'Interdit religieux. Heureusement, cela ne dura qu'une année. Je suis morte le 17 septembre 1179. Après ma mort, on a proposé de me canoniser, c'est à dire de me reconnaître comme sainte par l'église catholique, mais cela n'est jamais arrivé officiellement. Cependant, certaines personnes m'appellent encore Sainte Hildegarde. Bien que me considérant moi-même ignorante, j'ai écrit plusieurs livres et pièces musicales. J'ai écrit plus de 77 symphonies répertoriées et plusieurs poèmes que j'ai rassemblés dans un ouvrage intitulé Symphonie de l'harmonie et des révélations célestes. Plusieurs de mes pièces sont encore chantées dans les communautés religieuses bénédictines. Scivias, le premier livre que j'ai écrit, a été inspiré de mes nombreuses visions. J'ai mis dix ans pour le rédiger. Il a aussi été inspiré des histoires de la Bible. Il en reste seulement deux exemplaires, dont un au monastère d'Eibingen. J'ai aussi écrit une oeuvre médicale étrangement en avance sur mon temps. En effet, je décris les mécanismes du cancer et de l'artériosclérose, des maladies encore inconnues. Je décris aussi l'art de la guérison par les plantes. Ma dernière oeuvre a été le Livre des oeuvres divines. J'ai commencé à rédiger le Livre des oeuvres divines en 1163. Il a été lui aussi inspiré de visions qui me sont apparues et sur lesquelles j'ai travaillé pendant plusieurs années. Je décris, dans ce livre, la diversité des conditions humaines sur la terre. Même étant malade, je me suis acharnée à décrire les apparitions que je voyais. J'ai réussi à peine à terminer ma rédaction, mais j'avais l'aide d'une religieuse nommée Richardis. J'ai accompagné cette oeuvre d'illustrations colorées, ce qui était choses courantes en mon temps. Il reste présentement que trois exemplaires du Livre des oeuvres divines. Marie-Michelle Beaulieu
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