COLLECTIF ÉTUDIANT
sous la direction
de Madeleine Gagnon




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Biographies


Je suis…
Christine de Pisan (1364-1430)


Qui pourrait croire que tant de malheurs peuvent conduire à construire une telle oeuvre ? Plusieurs malchances me poursuivent tout au long de ma vie: la mort de mon père, celle de mon mari et, conséquemment, les lourdes responsabilités qui pèsent sur mes épaules. Je suis déçue de la place minime qu'occupent les femmes dans la littérature de mon époque. Je suis influencée par plusieurs hommes dans ma vie, dont mon père. Je suis née en 1364, à Venise, et j'arrive en France à l'âge de quatre ans. Je suis la fille de Thomas de Pisan qui est secrétaire du roi Charles V et son plus proche confident. Je grandis et passe toute mon enfance dans la cour du roi. En 1379, à l'âge de 15 ans, j'épouse l'homme que mon père choisit pour moi: Étienne du Castel, le notaire du roi. Six ans plus tard, mes ennuis débutent pour de bon, le roi Charles meurt et cette situation laisse mon père sans emploi. Celui-ci disparaît peu de temps après, laissant ma famille aux bons soins de mon mari. Mais Oh ! Malheur ! En 1389, Étienne meurt d'une épidémie. Après dix ans de mariage et vingt-cinq ans d'existence, j'ai déjà perdu les deux hommes de ma vie. Tout va mal, mais ces événements me donnent du courage et de l'inspiration pour enfin débuter mon oeuvre littéraire.


Tout d'abord j'écris pour apporter un revenu à ma famille. Je gagne en popularité et je le fais avec goût. Le premier pas, mes premiers écrits, m'ont été inspirés par la mort de mon mari. Le recueil de poèmes dont je suis l'auteure connaît un succès fantastique auprès des princes de toute la région. Après cette publication j'entame une lutte difficile en faveur des femmes en écrivant un livre qui défend nos droits, comme ceux des hommes. Choyée par l'inspiration, j'écris par la suite trois livres tout aussi populaires les uns que les autres. Puis, je me retire, en 1421, dans le couvent de Poissy aux côtés de ma fille. Mes deux dernières années sont consacrées surtout à la méditation et à l'écriture de deux autres merveilleux livres. A cette époque j'ai déjà écrit neuf livres dont trois recueils de poèmes, mais ce n'est pas tout... L'histoire de Jeanne d'arc me touche à un point tel que je décide de composer un livre en son honneur, racontant toute son histoire. Ce livre met le point final à mon oeuvre faisant de moi la première femme à vivre de sa plume en Occident. Je meurs en 1430 à l'âge de soixante-six ans.


Mon oeuvre est des plus variées; elle comprend des ouvrages didactiques (sans grande originalité) comme le Livre du corps de Police, écrit en 1408. Je compose aussi des textes lyriques: La mutacion de fortune, mais mon oeuvre prend tout son envol avec mes recueils de poésie qui sont encore connus aujourd'hui. Entre 1389 et 1405, j'écris trois recueils de poèmes: Cent ballades, Ballades de divers propos et Cent ballades d'amants et de dames. La solitude reliée à mon état de veuve et à la perte de mon père, m'inspirent ces recueils qui font sujet à l'amour et à la tristesse. J'ai participé à de nombreuses causes en faveur des femmes. Je suis récompensée, en 1429, pour ce combat. J'ai d'ailleurs défendu la cause des femmes contre les satyres de Jean de Mèug, un écrivain tenant de nombreux propos qu'aujourd'hui on appellerait sexistes.


Dans les deux dernières années de ma vie, je m'inspire par l'actualité de la guerre de Cent ans pour composer mes ouvrages. Les lamentations sur les maux de la guerre civile en 1420 et le Dictié en l'honneur de la Pucelle sont mes derniers écrits avant ma mort. Étant poète et prosateure française, je dois ajouter que j'ai aussi écrit trois autres livres L'épitre au Dieu d'amour, Le livre des trois vertus et Trésor de la cité des pauvres. Ces livres sont restés dans l'ombre après la publication de mes recueils de poésies. Globalement, mon oeuvre à pour but de faire reconnaître et de réhabiliter les droits et mérites des femmes. Je ne cherche pas à leur faire jouer le rôle de l'homme dans la société, mais à leur rappeler la place importante qu'elles occupent.

Marie-Michèle Thibault

Bibliographie

  • MARSEILLE, Jacques, Les grands événements de l'histoire des femmes, Paris Larousse, 1993.


Je suis…
René Descartes (1591-1650)


J'ai une santé très fragile, j'ai eu dès mon enfance la permission de me lever à 11 heures du matin tous les jours, habitude que je conserverai toute ma vie. Qui suis-je ? Eh bien ! je suis René Descartes. je suis né par un beau jour de printemps le 31 mars 1596 à la Haye. On retiendra pour la petite histoire que La Haye n'existe plus: la ville fut rapidement rebaptisée dans la Touraine. À peine âgée de 10 ans, je suis envoyé par mon père au Collège de La Flèche à Anjou. j'étudie les langues et les textes anciens, l'histoire, la poésie, l'art de l'éloquence, la théologie, la philosophie d'Aristote telle que l'a interprétée Saint-Thomas. J'étudie les mathématiques, lesquelles j'apprends à envisager sous un angle pratique et un angle philosophique. En 1614, je quitte mon collège pour aller étudier à la Faculté de Poitiers. En 1616, je reçois le Baccalauréat et une Licence de droit.


En 1617, ayant comme la plupart des jeunes gens de bonne famille de l'époque le choix entre l'armée et le clergé, je décide de devenir soldat. En 1617, je m'engage dans l'armée du Prince Maurice d'Orange puis en 1619 dans l'armée bavaroise. Je n'ai jamais eu à me battre et j'en ai profité surtout pour voyager. En 1649, la reine Christine de Suède me prie de la rejoindre à la cour de Stockholm pour lui enseigner la philosophie et les mathématiques Malheureusement pour moi, la reine me fait lever à 5 heures du matin pour tracer des tangentes, il n'en fallait pas plus pour m'affaiblir fatalement. je meurs de pneumonie le 11 février 1650, victime des nuits trop courtes, du froid, des mathématiques et des femmes… L'histoire oubliera sans doute que j'ai eu, comme Mitterrand, une fille illégitime, morte jeune.


Dans mon oeuvre, je construis une conception de la science qui est assimilée à un arbre: les racines sont la métaphysique, le tronc est constitué par la physique et les trois branches principales représentent la mécanique, la médecine et la morale qui s'appliquent respectivement au monde extérieur, au corps humain et à la conduite de la vie. Je fais de nombreuses recherches sur les tangentes. Je différencie les courbes dites " géométriques " (ellipse, cissoïde) des courbes " mécaniques " (cycloïde, quadratixe), aujourd'hui désignées par les termes " algébriques " et " transcendantes ". Je suis à l'origine de l'invention de l'usage de x, y et z pour les valeurs inconnues, et de a, b et c pour les valeurs connues, et je suis le premier à utiliser des indices. Je montre l'intérêt de passer tous les termes d'une équation d'un même côté.


Je me retire ensuite en Hollande où je séjourne 23 ans et compose mes principaux ouvrages: Mon célèbre Discours de la méthode pour bien conduire sa raison et chercher la vérité dans les sciences, plus la Dioptrique, les Météores et la Géométrie qui sont des essais de cette méthode (1637). Mon système repose sur deux oeuvres: Les Méditations Métaphysiques (1641, en Latin) et le Discours De La Méthode (1637). Ma principale contribution à la philosophie réside certainement dans l'esprit de rigueur et de logique que je lui ai conféré, ma méthode fondant la philosophie moderne. On peut noter que je suis également un grand fan de la dichotomie, soit la séparation du corps et de l'âme. Enfin, je définis l'homme principalement par son essence: L'homme est une " substance pensante ".

Minh Quang Tran

Minh Quang Tran

Bibliographie

  • GUENANCIA, Pierre, Descartes bien conduire sa raison, Paris, Gallimard, 1996.
  • SAMUEL S. de Sacy, Descartes par lui-même, Paris, édition du seuil. 1995.
  • LEFÈVRE, Roger, Descartes, Bordas, Paris 1993.


Je suis…
Diogène de Sinope (413-327 av. J.-C.)


Ôtes toi de mon soleil, telle est la célèbre réplique que j'adresse un jour à Alexandre le Grand. C'est moi, Diogène de Sinope, dit le Cynique. Je suis né aux environ de 405 av. J.-C. en Grèce, plus précisément à Sinope, région appartenant maintenant à la Turquie. Je suis le disciple d'Antisthène, le fondateur de l'école de philosophie qui se nomme Le Cynisme. C'est à lui, que je dois ce mépris des conventions sociales et cette constante fuite du plaisir qui se manifeste en moi. Je me moque des hommes de lettres qui lisent les souffrances d'Ulysse d'un trait sans se préoccuper des leurs, ainsi que des orateurs qui étudient les méthodes de recherche de la vérité au lieu de les mettre en pratique. J'ai reçu plusieurs surnoms au cours de ma vie. Platon, par exemple, dit de moi que je suis un " Socrate en délire ". J'ai des manières de vivre plutôt bizarres. Je marche toujours pieds nus et mes seuls biens sont les suivants: un tonneau pour m'abriter, un manteau pour me couvrir, et un bâton pour m'appuyer.


Lors de mon voyage à Égine, je suis capturé par les pirates, amené en Crète et vendu comme esclave. Au marché des esclaves, je crie à qui voulait bien m'entendre que je cherche un maître pour me gouverner. Aux personnes qui me demandent dans quel domaine j'excelle, je leur répond: " dans le commandement ". Le gentilhomme qui a la bonté de m'acheter se nomme Xéniade de Corinthe. Je le qualifie de gentilhomme car, conscient de ma valeur, il a la bonté de m'affranchir puis de m'engager comme tuteur de ses enfants. Fait étrange, le célèbre Alexandre le Grand, mentionné précédemment, est décédé le même jour que moi, en 327 av. J.-C. Je m'éteins à Corinthe, à l'âge respectable de 82 ans.


Je suis l'auteur de l'unique histoire de la philosophie antique qui ait été conservée jusqu'à aujourd'hui. J'ai beaucoup fait parler de moi, ce qui justifie bien des gens à se souvenir de moi. L'aspect de ma personnalité qui à le plus marqué la population d'ici a sans doute été mes actions bizarres. Une de ces pratiques consiste à lever ma jambe et à uriner sur les gens. Le fait que je mange de la viande crue sur la place publique, me vaut le surnom de " chien ". D'aucun ont même dit que je me masturbe sur la place publique... Je me suis beaucoup illustré des autres Athéniens. Me promener pieds nus à longueur d'année et me vêtir que d'un manteau et d'une serviette enroulée autour de la taille est quelque peu extravagant ! Un jour, vers midi, je me promenais dans les rues d'Athènes, une lanterne allumée à la main, en disant; " Je cherche un homme ". Qui pouvait vraiment comprendre toute la profondeur de ma question ?

N.B.: Cynique signifie ceci: qui s'oppose effrontément aux principes sociaux et à l'opinion commune. Cet énoncé signifie clairement ma façon de penser que mon maître, Antisthène, m'a enseigné. En fait, je n'ai pas crée de principe moral ni de système de philosophie, mais j'ai continué l'oeuvre, si je puis m'exprimer ainsi, de mon maître. Malgré cela, je suis considéré comme étant le représentant le plus marquant du cynisme, et pour cause, car si nous survolons l'ensemble de mon oeuvre, je suis tout ce que représente le cynisme.

Charles Dubois

Bibliographie

  • Grand dictionnaire encyclopédique Larousse
  • Encyclopédie A à Z
  • Encyclopédie Britannica (www.britannica.com)


Je suis…
Sigmund Freud


Je suis né le 6 mai 1856 à Freiberg en Moravie, sous le nom de Sigismund Freud. J'ai changé mon nom à l'âge de 22 ans pour Sigmund Freud. Je suis le premier enfant issu de l'union de Jacob Freud et d'Amalia Nathanson. Mais mon père a eu deux autres femmes avant d'épouser Amalia. Lors de ma naissance, ma mère n'avait que 20 ans. J'ai eu cinq soeurs, Anna (1858), Regine Debora (1860), Maria (1861), Ester Adolfme (1862) et Pauline (1864), et deux frères, Alexander (1866) et Julius (1857). Alexander meurt seulement 8 mois après sa naissance et il fait souvent partie de mes recherches. Mes parents étaient juifs et je le reste jusqu'à la fin de mes jours. Tout au long de mes études, je suis un premier de classe et passe tous mes examens avec de brillants résultats. Je fais mon entrée à l'université en 1873. Je suis diplômé seulement 8 ans plus tard. Je fais 5 ans d'études sérieuses en médecine, comme je n'étais pas sûr de mon choix, je ne me présente même pas aux examens finaux pour me lancer dans des recherches personnelles. Trois ans plus tard, je retourne à l'université, pour terminer mes études, et je finis en moins de 10 mois.


Je rencontre Martha Bernays en 1882 et je l'épouse en 1886. Comme ma promotion à l'Institut de physiologie tarde trop, je réfléchis à un changement d'orientation. Je m'installe à Vienne avec ma femme en tant que médecin en clinique privée. Je meurs en 1939, d'un cancer à la gorge, à Londres, après mon départ forcé de Vienne lequel est causé par les nazis. Durant les dernières années de ma vie, je reçois bien des honneurs officiels et je suis considéré comme une grande personnalité. Ces événements font contraste avec mes débuts difficiles.


Tout au long de ma vie, je fais beaucoup de recherches dans bien des domaines. Je commence à faire l'étude des propriétés de la cocaïne en avril 1884. Je découvre par la suite les propriétés analgésiques de cette drogue. Mais malheureusement c'est un de mes confrères qui en retire le plus en y découvrant ses propriétés anesthésiantes sur l'oeil. J'intoxique mon ami et maître Ernst von Fleischl-Marxow avec de la cocaïne en voulant le désintoxiquer de la morphine. Par contre, je fais des études sur les anguilles, je termine mes recherches avec la conviction qu'elles n'ont servi à rien. Plus tard, d'autres personnalités scientifiques se servent de mes études pour faire des découvertes très importantes. J'étudie également l'hystérie, à Paris, avec un des plus grands médecins, Jean Charcot. Cet homme est la personne qui a le plus d'influence sur moi depuis mes tous débuts. Il change totalement toutes mes conceptions et mes desseins. Ensuite, je retourne à Vienne pour traiter des patients par électrothérapie et par hypnose. Mais je commence jour après jour à travailler sur une notion très peu comprise avant mes découvertes: l'inconscient. En 1930, je reçois le prix Goethe qui m'apporte en même temps la reconnaissance de l'Allemagne au complet. Je finis ma vie scientifique, en Angleterre, en soignant quelques rares clients. Tous mes écrits sont brûlés par les nazis lors de la guerre.


La psychanalyse est ma plus grande découverte. Je fais mes premières recherches sur la psychanalyse, en étudiant le cas d'Anna O. . De 1887 à 1902, je travaille sur les mécanismes du refoulement et de la formation de ses symptômes. C'est moi qui introduis la notion de narcissisme, qui est une admiration de soi. En 1920, je soumets un nouveau modèle psychique, qui est, le MOI, le ÇA, et le SURMOI. J'ai soumis le modèle dans mon livre Au-delà du principe de plaisir.

Andréanne Tremblay

Bibliographie

  • STONE Irving, La vie de Freud, Paris, Flammarion, 1903.
  • LAFFONT Robert, Freud et la psychanalyse, Espagne, Grammont, 1975.


Je suis…
Mohandas Karamchad Gandhi (1869-1948)


Je suis l'homme dont la générosité se manifeste par la bienveillance et la clémence. Je suis le Mahatma, je suis Gandhi, un homme de paix.


Je suis le fils d'une famille politiquement influente qui habite à Porbandar, dans l'ouest de l'Inde. Selon la coutume, je me suis marié à l'âge de treize ans et ma femme, Kasturbai, a seulement douze ans. Je ne vois en mon mariage que les habits de gala et les cérémonies, et dans ma jeune femme qu'une compagne de jeu.


Malgré toute les controverses de ma décision auprès de ma famille, je pars à Londres en 1889, pour y étudier le droit. Après des études médiocres comme avocat au Gujarat et à Bombay, j'obtiens un travail en Afrique du Sud comme conseiller légal d'une firme indienne. Les vingt et une années que je passe dans cet État marquent pour moi un tournant crucial de mon existence. Victime moi-même de ségrégation raciale, je prends le parti des opprimés, c'est-à-dire les communautés indiennes et africaines. Je reviens en Inde en 1914, accueilli comme un héros.


De retour dans ma patrie, j'appuie les Britanniques durant la Première Guerre mondiale dans l'espoir de gagner l'indépendance de mon pays. Après avoir voyagé dans toute l'Inde, je deviens le dirigeant incontesté du Mouvement nationaliste indien. En 1919, je lance mes premières grandes campagnes de désobéissance civile sur une très vaste échelle, action d'ailleurs encore inégalée dans l'histoire. La mise sur pied de ma campagne, la non-coopération avec le gouvernement de l'Inde britannique et le boycott des produits britanniques me valent un emprisonnement de deux ans. Convaincu que l'indépendance de mon pays ne peut se faire sans une transformation morale et sociale radicale, je lance alors un programme contre les préjudices sociaux vis-à-vis du travail manuel et des " intouchables ".


Après quelque trente années de luttes, pendant lesquelles j'effectue de nombreux jeûnes et séjours en prison, l'Inde obtient finalement son indépendance en 1944, et sans employer la force militaire. Maintenant, je suis reconnu comme étant le Père de ma nation.


Le 30 janvier 1948, à la Nouvelle-Delhi, en me rendant à mes dévotions habituelles, je meurs assassiné par un hindou traditionaliste fanatique.


Une parcelle de moi est malgré tout encore bien vivante, car à ce jour, plus de 1200 ouvrages me sont consacrés.


Malgré toutes mes années d'existence, le seul écrit significatif que je réalise est mon autobiographie, intitulée La Magie d'un livre. Malheureusement, seule une petite partie de mon oeuvre littéraire a été traduite et publiée en français.


Une de mes réalisations philosophiques la plus éloquente est sans contredit La résistance non violente ou satyagraha, qui veut dire la force de l'âme. J'élabore cette méthode de lutte contre l'iniquité durant mon combat en Afrique du Sud. Cette nouvelle théorie préconise les actions posés sans l'aide de la violence, notamment par " la science nouvelle de la non-violence ". Il s'agit de convertir moralement l'adversaire par une délicate " chirurgie de l'âme ".


C'est en me rendant en Afrique, pendant le voyage en train, que mes idées prennent une nouvelle voie. Je découvre un livre Unto This Last de Ruskin et dès que je l'ouvre, il m'empoigne. Je résolus alors de changer de vie en conformant ma nouvelle existence aux idées exprimées dans cet ouvrage. Je crois que ce livre immense me renvoie, comme un miroir, certaines de mes convictions les plus profondes; d'où la grande séduction qu'il exerce sur moi et la métamorphose qu'il cause dans ma vie.


Je m'engage également dans une réflexion profonde sur ma propre religion et celles des autres peuples, prenant ce que je considère le meilleur de chacune. Ma pensée est donc formée en Angleterre, en Afrique du Sud et influencée par des auteurs occidentaux tel que Ruskin, Tolstoï et Thoreau. On dit même que ma philosophie est le véhicule d'une nouvelle raison de vivre, de mourir, et d'agir pour toute l'humanité.

Andréanne Tremblay

Bibliographie

  • DREVET, Camille, Gandhi et l'Inde nouvelle, Paris, les Éditions du centurion, 1959.
  • FISHER, Louis, La vie du Mahatma Gandhi, Paris, Belfond, 1983.
  • FORGET, Yann, Les ouvriers de la dernière heure, Internet, Mai 1993.
  • LACOMBE, Olivier, Gandhi et la force de l'âme, Paris, PIon, 1964.
  • Microsoft Corporation, Encyclopédie Encarta 2000 de luxe, " Gandhi, Mohandas ", United States of America, 1999.


Je suis…
Marie Lacoste Gérin-Lajoie (1867-1945)


Je suis la fille d'Alexandre Lacoste, juge en chef de la Cour provinciale et de Marie-Louise Globensky. Du côté Globensky, l'ancêtre August-Franz est un médecin polonais d'origine allemande venu au Québec en qualité de mercenaire de l'armée anglaise et il est chargé de contraindre les premiers désirs d'indépendance des colonies américaines. Son fils, Maximilien fait aussi partie de l'armée anglaise en tant que lieutenant. Du côté Lacoste, je compte un grand-père patriote: Louis Lacoste. Celui-ci est quatre fois réélu député de Chambly avant d'accéder au Conseil législatif en 1861 et d'être fait sénateur l'année même de la Confédération. Quant à mon père Alexandre, il est admis au barreau du Québec en 1876, il est nommé bâtonnier de Montréal en 1879, sénateur en 1884 et Knight Bachelor de la Reine en 1892, date à laquelle il a droit au titre de Sir et ma mère à celui de Lady. Entre temps, en 1866, mes parents se marient et je nais un an plus tard, soit en 1867.


Je suis issue d'une famille de treize enfants. Je me révèle très tôt comme une enfant singulière et originale. Malgré l'engouement de ma famille pour les institutions anglaises, nous nous établissons en pleine culture francophone. Notre bourgeoisie est remplie de contrastes. Nous mettons le couvert à l'anglaise, mais nous mangeons des mets venus de la campagne québécoise. Dans notre vaste maison de la rue St-Hubert, les mondanités se succèdent. Je vois défiler, chez nous, tout ce que compte le Canada- français dans le domaine juridique, culturel ou religieux. Contre mon gré, je deviens pensionnaire au couvent d'Hochelaga. La discipline du couvent et son extrême austérité sont à l'opposé de mon tempérament actif et remuant. Je me montre une élève indisciplinée et je supplie sans cesse qu'on vienne me sortir du couvent. Ma détresse touche mon père, mais il ne cède pas. J'achève donc péniblement mes études et à l'âge de quinze ans, je quitte le pensionnat. Me voilà libérée du couvent, mais embrigadée pour mes futurs débuts mondains : cérémonials de bals, de thé et de fêtes champêtres. Je continue pareillement des études personnelles. Je m'intéresse à tout: philosophie, religion, histoire, littérature, sciences physiques et naturelles etc. Je m'intéresse aussi à l'étude du droit et j'en fait progressivement le grand intérêt de ma vie.


Je suis une experte en droit autodidacte et suis sensible tant aux principes de complémentarité qu'à ceux d'égalité entre l'homme et la femme. Il faut mentionner que je me suis mariée à Henri Gérin-Lajoie et que j' ai donné naissance à quatre enfants. Ma fille, Marie Gérin-Lajoie, une religieuse, va elle aussi militer pour la condition féminine. Je rédige, à l'intention des femmes de mon pays, le Traité des droits usuels. En 1902, mon petit manuel se répand dans les classes terminales du cours primaire de la province. Ce livre est même traduit en anglais pour le programme du cours primaire supérieur des écoles anglaises du Québec. J'écris aussi, en 1929, La femme et le code civil dans le cadre de mes efforts pour réformer le Code civil, qui attribue aux femmes mariées le statut légal inférieur de mineures.


En 1893, les femmes de la bourgeoisie anglaise protestante établissent un mouvement pour la promotion des droits des femmes, à Montréal. J'en fais partie avec quelques autres bourgeoises francophones, mais nous éprouvons des difficultés croissantes à vivre notre idéal patriotique et religieux au sein du Montréal Local Council of Women. Nous sommes devenues conscientes de la nécessité de nous retrouver au sein de structures qui respectent notre foi et notre langue. C'est pour ces raisons que la Fédération nationale Saint Jean-Baptiste est fondée en 1907. J'en suis la co-fondatrice avec madame Béique. Je lutte pour faire modifier des lois qui ont très peu changé depuis le 16ème siècle, notamment les droits des femmes mariées de contrôler leur propre revenu et le droit d'être les tutrices de mineurs. Je contribue à obtenir des procédures de séparation plus simples et moins chères ainsi que le droit des femmes séparées à gérer leurs propres biens. En 1922, je prends la tête d'une délégation de 400 suffragettes afin de rencontrer le Premier ministre du Québec pour tenter, mais en vain, d'obtenir le droit de vote pour les femmes. Je meurs en 1945 à l'âge de 78 ans après avoir beaucoup accompli pour la cause des femmes.

Valérie Boivin

Bibliographie

  • PELLETIER-BAILLARGEON, Hélène. Marie Gérin-Lajoie De mère en fille, la cause des femmes, Montréal, Boréal Express, 1985.


Je suis…
Olympe de Gouges (1748-1793)


Mourir pour défendre ses idées: voilà quelque chose que Socrate n'est certainement pas seul à avoir accompli. Moi aussi, je l'ai fait et, tout comme lui, mes idées étaient nobles. Toutefois, je suis une femme... Qui suis-je?
Je suis Olympe de Gouges.


Je nais à Montauban, une petite ville du sud-ouest de la France. C'est un boucher qui m'a élevée, mais je suis du même sang que le marquis Jean-Jacques Lefranc de Pompignan (pas si franc que ça, à vrai dire; il a refusé de me reconnaître comme sa fille légitime !!!).


À dix-sept ans, émergeant à peine de l'enfance, je suis mariée contre mon gré à un homme à qui je donne un fils, mais qui ne le méritait probablement pas puisqu'à vingt ans je laisse tout derrière moi et je prends la fuite pour Paris. Mon but: réaliser mon rêve d'enfance, devenir écrivain. Arrivée à Paris, je prends le pseudonyme d'Olympe de Gouges, plus idoine à mon avis que le Marie Gouze d'origine. Je deviens la maîtresse du romancier et dramaturge Louis-Sébastien Mercier et je côtoie des gens importants, tentant parfois de leur faire partager mes idées et de les convaincre du bon sens de mes raisonnements. Lorsque Robespierre instaure la Grande Terreur (1793), je lui écris une lettre ironique le suppliant de se suicider, ce qui libérerait la France " du plus grand fléau ". Mes mots sont les suivants: " Nous attacherons des boulets de seize ou vingt-quatre à nos pieds, et nous nous précipiterons ensemble dans les flots. " Je suis prête à sacrifier ma vie pour lui fournir le courage et l'appui nécessaire.


Non seulement ne suit-il pas mes judicieux conseils, mais en plus il me fait guillotiner quelque temps plus tard. Son sens de l'humour comportait sans doute des déficiences...


J'ai 40 ans lorsqu'éclate la Révolution française de 1789-1799. Cette Révolution est celle qui a mis fin à l'Ancien régime.


À ce moment, Louis XVI est " au pouvoir ". Les guillemets sont indispensables puisque ce dernier, après une tentative de fuite, avait perdu toute crédibilité. À une certaine époque, il avait réussi à s'entourer d'hommes brillants, mais la trop grande influence de sa femme Marie-Antoinette et de quelques privilégiés lui font commettre des erreurs qui le rabaissent dans l'estime du peuple.


Suite à la Déclaration de 1791, il perd son titre de roi de France pour devenir roi des Français. Il tentera par après d'empêcher la Révolution grâce à son droit de veto, mais ne fera qu'envenimer les choses. Accusé de trahison en 1793, il est aussi guillotiné.


C'est en partie parce que j'ai tenté de prendre sa défense que je meurs, la même année. D'autre part, ma mort est causée par Robespierre, homme politique. Le pays étant divisé entre les Girondins et les Jacobins, j'appuie les premiers tandis que Robespierre est à la tête des seconds.


C'est en 1785 que je fais enfin accepter par la Comédie française ma toute première oeuvre : Zomoar et Mirza ou L'Heureux Naufrage. Il s'agit d'un drame.


Une dizaine de pièces de théâtre suivront, ainsi que de nombreux pamphlets à saveur " féministe ". En 1791, la censure théâtrale est supprimée. C'est autant dire que les lions sont lâchés; d'ailleurs, je m'en donne à coeur joie. À travers mes pièces, je lance mes coups de coeur et mes coups de masse !!


Dans Le Couvent ou Les Voeux Forcés, rédigé en 1792, je manifeste bruyamment et publiquement contre l'Église traditionnelle. Dans Les Vivandières ou L'Entrée de Dumouriez à Bruxelles, toujours en 1792, je célèbre les succès obtenus hors des frontières. Je soutiens également des personnages politiques tels que Mirabeau, alors soupçonné de trahison (Mirabeau aux Champs-Élysées, 1791).


En 1789, la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen est publiée. Il s'agit d'un préambule à la Constitution. Or, selon ce document, les femmes et les esclaves n'ont absolument aucun droit. Il n'en faut pas plus pour attiser ma colère: deux ans plus tard, je publie mon oeuvre la plus éloquente, la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne. Celle-ci reprend, article par article, tous les termes de la première déclaration, à cette exception près cette fois, que tout ce qui est attribué aux hommes est aussi attribué aux femmes. À ce sujet, on peut ajouter que je suis l'une des pionnières ayant milité pour les droits des femmes.


Dans mon introduction, je lance un appel à l'aide à Marie-Antoinette: " Soutenez, madame, une si belle cause; défendez ce sexe malheureux et vous aurez bientôt une moitié du royaume et le tiers au moins de l'autre. "


Je conclus comme suit: " Une femme a le droit de monter à l'échafaud, elle doit avoir également celui de monter à la tribune ". Une phrase qui fera beaucoup jaser. En effet, Marie-Antoinette et moi-même allions toutes deux mourir guillotinées quelques mois plus tard.


Ma Déclaration est lue dans tous les regroupements de femmes qui se sont constitués depuis 1789. Elle a un immense succès, mais elle ne change pas grand-chose à la condition de mes consoeurs, du moins pas pour l'instant. En 1792, la seconde Constitution est votée. Un seul Constituant a tenté de défendre la cause des femmes, c'est le mathématicien et philosophe Concordet, celles-ci sont à nouveau exclues. Constatant avec dépit que pour l'instant, il n'y a plus rien à faire, je délaisse temporairement mon combat pour les femmes et je me tourne vers l'engagement politique.


Pourtant, il serait faux de dire que ce dur combat n'a mené à rien: il a contribué à répandre une idée, un rêve dans la tête et dans le coeur des femmes. Le germe est semé. Même vite arraché, il en reste quelque chose. Voyez aujourd'hui…

Claudine Morais

Bibliographie

  • MARSEILLE, Jacques, Les grands événements de l'histoire des femmes, Paris, Larousse, 1993.


Je suis…
Hatshepsout (Vers 1520-1468 av. J.-C.)


Mon nom est Hatshepsout, je suis née vers 1520 av. J.-C. en Égypte. Ma naissance devint une légende car j'ai été engendrée par Amon qui aurait pris possession du corps de mon père... Mes parents sont Thoutmès l et Ahmès. Mon père nourricier se nomme Senmet et on m'élève au coeur de la politique. On me marie à mon demi-frère Toutmès II, de qui j'ai deux filles. Après la mort de mon mari, je règne en attendant que mon demi-fils et demi-neveu, Thoutmès III, qui n'a que 4 ou 5 ans, ait l'âge de régner. Rapidement, je me fais couronner grâce à mes origines divines et aux hommes de pouvoir qui sont de mon côté. Je deviens reine-pharaon avec tous les prestiges et obligations qu'incombe ce titre. En tant qu'Horus on m'appelle: Ousert-kaou, puissance de kas; comme Vautour-Cobra: Ouadjit-Renpet, fraîche d'année; comme Horus d'or: Netert-Kahaou, divine d'apparition. Mon nom de pharaon est Maâkarê et je porte avec fierté la robe masculine et la barbe (fausse évidemment) que tous pharaons arborent. Je ne suis pas qu'une simple femme pharaon, je figure parmi les grands et je laisserai ma trace comme le fit Ramsès II. À ma mort, vers 1468 av. J.-C., Toutmès se venge et martèle mon nom sur mes constructions, car je l'ai tenu à l'écart du trône qui lui revenait entièrement de droit pendant 20 ans.


Durant mon règne j'ai fait rénover plusieurs ruines, entre autre, le temple d'Hathor à Cusae. En plus, je fais construire un temple à Deir le Bahari dans lequel je relate ma naissance. Le nom de ce temple est le Sublime des sublimes, et il est probablement le monument le plus parfait de l'art Égyptien. J'ai aussi un obélisque à Karnak, fait de granite rose. Il était a l'époque recouvert d'or dans toute sa moitié supérieure. Je fit faire aussi d'autres constructions, dont certaines furent détruites par Thoutmès III. Ces constructions n'auraient jamais vu le jour sans Min-Nekht et Senmout, chefs des travaux de constructions.


Je dirige de grandes expéditions pacifiques dont la plus remarquable, celle au pays de Pount auquel j'ai moi-même participé. Les bateaux rapportèrent de ce voyage plein de présents et de marchandises offerts par les Pountious. J'immortalise cette expédition par un monument qui est érigé en face d'un temple à Karnak.


Le récit de ma vie serait incomplète si on ne parle pas de Senmout, le chef des chefs des travaux de construction, grand intendant et chancelier royal. En effet, c'est lui l'architecte du temple à Deir le Bahari et de plusieurs autres monuments, dont son nom et le miens sont quelques fois associés. Il a peut-être même profité de l'occasion pour introduire son image dans un coin de la chapelle d'Hathor. Senmet, son grand frère avait été mon père nourricier. Et je lui ai confié ma fille, Neferou-Rê, à Senmout. Il a été mon confident et certains croient qu'il existe, entre lui et moi, un lien plus tendre...


Mes idées reflètent celles de la plupart des Égyptiens de ce temps, avec leurs dizaines de dieux et leurs mariages familiaux. J'adore particulièrement le Dieu Amon ou Amon-Rê.


Pour les Égyptiens il y a un ou plusieurs dieux pour a peu près tout, et les dieux peuvent avoir plusieurs fonctions. Ils ont une naissance et sont éternels, ou presque...


Pour garder le sang royal le plus pur possible, et aussi par coutume, les monarques se mariaient avec leur soeur ou leur cousine. Mais souvent, ils avaient d'autres femmes avec lequel ils avaient des enfants.


Je serais de provenance divine, selon les écrits qu'on aurait trouvés dans son temple Le Sublime des sublimes. Certains historiens croient que j'aurait utilisé une théorie mise au point par les théologiens de l'Ancienne Empire, ce qui l'aurait amené à plus de gloire et de respect.


Les pharaons adoraient le luxe. Ils s'en servaient pour édifier de grands temples à leur gloire et surtout a celle des dieux. Mais la mort était très présente dans leur esprit, on a même l'impression que toute leur vie était destinée à préparer leur passage vers l'au-delà, du moins celle des personnages importants. Il fallait absolument que le corps soit conservé pour que la personne vivent éternellement, ou encore pour que l'esprit ait le temps de se rendre vers le royaume des morts. Toutes les richesses trouvées servaient à l'esprit pour ne pas qu'il meure de faim ou qu'il s'ennuie.


Je n'était pas une féministe, mais plutôt une ambitieuse. Les Égyptiennes avait le droit de divorcer (en autre pour cause de violence) et chaque enfant (garçon ou fille) avait le droit à une part d'héritage. Cependant les femmes ne tenaient pas de hautes fonctions, sauf si leur mari en tenait une ou pour remplacer momentanément le successeur du trône. II y eu des exceptions: Sobek-Neferou-Rê, Niitocris et Hatshepsout, les reines pharaons.

Amy Pouliot Mathieu

Bibliographie

  • FRANCO Isabelle, Nouveau dictionnaire de mythologie Égyptienne, Paris, édition Pygmalion Gérarf Watelet, 1999.
  • MONTET Pierre, Vies des pharaons illustrés, Paris, Éditions Trismégistes, 1984.
  • Mythes et légendes de l'Égypte ancienne, Larousse, 1970.
  • Encyclopédie Encarta.
  • PIRENNE Jacques, Histoire de la civilisation de l'Égypte Ancienne, I, II, III, Neufchâtel (Suisse), Éditions de la Baconnière, 1963.