COLLECTIF ÉTUDIANT
sous la direction
de Madeleine Gagnon




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Biographies


Je suis…
Platon (428-347 av. J.-C.)


Je suis Platon. Je suis issu d'une famille aristocratique. Je suis né à Athènes, en 428 av. J.-C. Mon père est Aristote, fils de Cadras, dernier roi d'Athènes, et ma mère, la fille du grand législateur athénien Solon. On me donne le nom d'Aristocle à la naissance. Dans ma jeunesse, je fais de la lutte, d'où me vient le pseudonyme de Platon, qui veut dire: large ou plat, en faisant référence à mes larges épaules et/ou à mon front. Je remporte deux fois le prix de lutte aux jeux Isthniques, mais j'échoue les tests de qualification pour les jeux olympiques. Cette défaite me détourne de ce sport. Par la suite, je me tourne vers la poésie tragique, mais je n'ai pas réussi à épater la galerie ! Déçu, je me résigne presqu'à être un simple homme d'état. C'est alors que je découvre la philosophie. Cette fois, c'est le coup de foudre !


Au même moment, je rencontre Socrate qui m'enseigne la philosophie. Je reste son fidèle disciple jusqu'à sa condamnation à mort, en 399 av. J.-C. Considérant les neuf années passées à ses côtés, je crains pour ma vie. Je décide donc d'abandonner temporairement Athènes pour voyager en Italie, en Sicile, et en Égypte. En 387 av. J.-C., je reviens à Athènes et fonde l'Académie d'Athènes. On y traite de divers sujets tels que l'astronomie, la biologie, les mathématiques, les sciences politiques et la philosophie. Aristote est étudiant de l'Académie. Je tente d'enseigner au nouveau monarque de Syracuse à deux reprises en 367 et 361 av. J.-C. , mais c'est un échec. Je consacre mes dernières années à enseigner à l'Académie et à écrire. Finalement, je m'éteins en 347 av. J.-C. , à l'âge de 81 ans.


La quasi totalité de mes oeuvres sont écrites sous forme de dialogues. J'ai écrit beaucoup, mais la majorité de mes phrases connues à ce jour ont été transcrites par mes élèves et protégées. La première édition de mes ouvrages comprend trente-cinq dialogues et treize lettres. La théorie des formes ou des idées constitue la partie centrale de ma philosophie. Selon moi, toute connaissance présente deux caractéristiques: premièrement la connaissance doit être certaine et infaillible; deuxièmement, elle doit avoir pour objet ce qui est vraiment réel par contraste avec ce qui est seulement apparence. En raison de cette conception, je rejette l'empirisme (l'affirmation que toute connaissance provient de l'expérience des sens). Mes pensées ont fortement subi l'influence de Socrate, mais aussi celle de Parménide, d'Héraclite et des pythagoriciens. Mes oeuvres principales sont: l'Apologie de Socrate, Phedon, Phèdre, Le Banquet, La République et Les Lois.


L'une de mes grandes oeuvres est l'Académie. Pour ce faire, j'achète un gymnase et un parc situés au nord de la ville. C'est la première école de philosophie. Elle est organisée comme plus tard seront les universités avec un statut, un règlement, des logements destinés aux étudiants, des salles de cours, un musée, une bibliothèque. Des gens de tous les coins de la Grèce viennent s'instruire à mon Académie. Les élèves qui en sortent vont répandre, un peu partout dans le bassin méditerranéen, mes idées politiques. Lorsque je repars pour la Sicile, je laisse les rennes de l'Académie à Héraclide de Pont. Il pouvait compter sur l'aide de Speusippe et Xénocrate. À la fin de ma vie, je reviens y enseigner pour une dernière fois.

Jérôme Gosselin

Bibliographie

  • STRATHERN, Paul. Platon je connais !, Paris, Mallard, 1997.
  • RODIS-LEWIS, Geneviève. Platon, Paris, Gallimard, 1969.
  • BRUN, Jean. Platon et l'Académie, Paris, Presses Universitaires France, 1969.
  • DESCOMBES, Vincent. Platonisme, Paris, Presses Universitaires France, 1971.
  • L'Encyclopédie de A à Z.


Je suis…
Léa Roback (1903-2000)


Aussi longtemps que je pourrai, je militerai. Et j'espère que je mourrai en écrivant, en faisant quelque chose... en allant à une simple réunion.


Je suis une femme fidèle, indépendant, énergique, syndicaliste, communiste, militante et féministe. Oui! Oui! C'est moi. Je suis d'origine juive, et je suis née le 3 novembre 1903 à Montréal. Je suis l'aînée d'une famille de neuf enfants. Mes parents sont polonais fraîchement émigrés au Canada. Nous avons déménagé avec mes neuf frères et soeurs à Beauport où mon père ouvre un magasin général. La vie nous est très difficile car nous habitons un village entièrement catholique. Mon père est tailleur et avec ma mère, il s'occupe du magasin. Je ne veux ni me marier, ni avoir d'enfants.


En 1925, à l'âge de 22 ans, je déménage en France, pour ensuite aller en Allemagne lutter pour le parti communiste, opposé au nazisme. Quatre ans plus tard, j'assiste à la montée d'une manifestation contre les Juifs. Par la suite, je retourne à Montréal et contribue à l'association des travailleuses de la robe. Je me joins alors à Thérèse Casgrain pour militer en faveur du vote féminin. Je me suis donc frottée à l'idéologie que " l'homme domine la femme ". Je me porte aussi volontaire pour toutes les manifestations et marches pour la paix. Ma volonté d'agir et ma détermination sont un modèle à suivre pour les femmes et les hommes. Ma contribution est inscrite à jamais dans la mémoire de la collectivité québécoise. Je meurs finalement le 29 août 2000 à l'âge de 96 ans à la suite d'une mauvaise chute dans l'escalier à l'endroit où je résidais.


Comme je le disais plutôt, j'ai lutté pour le Parti communiste, ainsi que pour la cause des Juifs, car bien entendu, j'étais de parents juifs. J'ai contribué de tout coeur à la cause des femmes. Je mène le combat pour l'obtention du vote des femmes et pour l'accès à l'avortement considéré comme un crime jusqu'en 1988. On a érigé en 1993, en mon nom, une fondation en hommage aux " militantes de professions ". On a aussi produit un film en 1991 sur ma vie, dont le titre est Des lumières dans la grande noirceur.


Mon oeuvre primordiale est d'avoir travaillé pour les jeunes et les femmes surtout, et de constater qu'ensemble nous pourrions changer des choses. Ce qui explique ma contribution dans la publication du livre La voix des femmes. J'ai organisé des campagnes d'aide, des marches et des quêtes pour les personnes âgées et handicapées. En dehors de cela, ma vie se résume à quatre mots petits et simples: LA CAUSE DES FEMMES.

Christine Carrier

Bibliographie

  • La Presse, 30 août 2000.
  • La Vie ouvrière n. 128.
  • La Gazette des femmes, nov. déc. 2000.


Je suis…
Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)


Je suis né le 28 Juin 1712 à Genève. Ma mère est morte à ma naissance et cela va marquer toute mon existence. Mon père, Isaac Rousseau, un homme au tempérament violent, m'a abandonné à l'âge de dix ans à cause d'une rixe.


Je suis confié à mon oncle, le pasteur Lambercier, à Bossey. J'y reste deux ans, élevé par Mlle Lambercier. Puis je suis mis à l'apprentissage, successivement chez un greffier, puis ensuite chez un graveur et je poursuis mon éducation en autodidacte.


Je m'habitue au vagabondage. Si bien que le 14 Mars 1728, le soir, trouvant les portes de Genève fermée, je pars sur les routes à l'aventure. J'avais oublié mon carton d'identification à l'intérieur de la ville et je me suis dit: ce n'est pas grave ! C'est la raison pour laquelle on m'a surnommé le promeneur solitaire. J'ai eu comme compagne Thérèse Levasseur: nous avons eu 5 enfants dont je m'occupais plus ou moins bien. La mort m'a emporté le 2 Juillet à Ermenonville.


Mon analyse pessimiste de la nature humaine me conduit à une philosophie qui développe une vision individualiste de la société: celle de la conscience et du coeur. Parallèlement, mon oeuvre proprement littéraire a joué un rôle important dans l'avènement du romantisme en renouant avec l'amour de la nature, dont l'ordre esthétique est pour moi le premier divin. Par ce versant panthéiste de ma personnalité, je trouve les plus anciennes intuitions européennes.


En 1750, en allant visiter Diderot (homme de lettres) à Vincennes, celui-ci me suggéra de rédiger un mémoire sur le sujet proposé par l'Académie en me demandant si le rétablissement des sciences et des arts a contribué à épurer les mreurs. J'ai remporté le prix. Trois ans après, je publie un discours sur L'origine de l'inégalité, qui eut un grand succès. En 1757, je suis à Montmorency, hôte du maréchal de Luxembourg. Pendant cette période, je rédige La lettre à d'Alembert sur les spectacles (1768), Julie ou la nouvelle Hélorse (1761) Le contrat social et L'Emile (1762), lesquels provoquent contre moi des poursuites. En 1758, j'écris un pamphlet intitulé lettre à d'Alembert sur les spectacles.


J'ai écrit trois grands livres pendant ma vie. Le premier livre s'intitule les Confessions, titre qui m'a été suggéré par un libraire suisse prénommé Rey qui me demande d'écrire ma vie pour faire une préface à ses oeuvres complètes. Mon deuxième grand livre - ou plutôt des lettres - s'intitule les dialogues, Rousseau, juge de Jean-jacques qui constituent un autoportrait thématique où je manifeste un besoin anxieux de me justifier et de m'expliquer qui ne cessera de me hanter. Mon troisième grand livre s'intitule Les rêveries du promeneur solitaire qui continuait à l'origine le livre les confessions, mais qui fût interrompu par ma mort.


Mes rêveries me donnent l'habitude de rentrer en moi-même et me font enfin perdre le sentiment et presque le souvenir de mes maux. J'apprends ainsi par ma propre expérience que la source du vrai bonheur est en nous.

Sébastien Carrier

Bibliographie

  • L'encyclopédie AZ
  • ROUSSEAU Jean-Jacques, Les rêveries du promeneur solitaire


Je suis…
Antoine de Saint-Exupéry (1900-1944)


Le 31 juillet 1944 est le jour de ma dernière mission de reconnaissance sur Grenoble et Annecy. Mon avion décolle à 8h45. Je dispose donc de 6 heures d'autonomie d'essence. A 14h45, on m'attend toujours, je ne suis pas encore rentré. Les appels radio restent sans réponse et les radars alertés me cherchent en vain. Tous avaient cessé d'espérer me retrouver.


Tout commence le dimanche le 29 juin 1900, à Lyon, en Europe. Mon nom, Antoine-Jean-Baptiste-Marie-Roger de Saint-Exupéry. Je suis le 3ème enfant d'une lignée de cinq. En 1904, j'éprouve une grande tristesse en voyant mon père, le comte Jean-Marie de Saint-Exupéry, s'éteindre. On m'envoie étudier chez les frères des écoles chrétiennes, en 1908, à l'âge de 8 ans. Le 7 octobre de l'année suivante, on m'admet au collège Notre-Dame de Sainte-Croix. On me considère comme un élève assez désordonné, mais rêveur et épris de poésie. On me donne même le sobriquet de " Pique la lune ". En 1912, l'amour de l'aviation naît en moi. Agé de 12 ans, j'écris l'un de mes premiers poèmes: " ... Les ailes frémissaient sous le souffle du soir, Le moteur de son chant berçait l'âme endormie, Le soleil nous frôlait de sa couleur pâlie ... "


En juin 1914, on m'attribue le premier prix de narration du collège pour la rédaction Odyssée d'un chapeau haut de forme. L'année suivante, je reçois le troisième prix de composition française. A 17 ans j'obtiens mon baccalauréat. En 1918, je me prépare pour mon examen d'entrée à l'école navale et centrale. Le 11 novembre je rencontre Louise de Vilmorin. Le 2 avril, à l'âge de 21 ans, on m'appelle sous les drapeaux pour le 2ème Régiment d'Aviation de Chasse, à Neuhof, près de Strasbourg. Le 10 octobre 1922, je suis promu sous-lieutenant de réserve. Un an après en 1923 j'annonce officiellement mes fiançailles avec Louise de Vilmorin. En septembre, Louise me laisse et annule les fiançailles. En 1926, j'obtiens mon brevet de pilote de transport. Le 7 avril 1930, on me fait Chevalier de la Légion d'Honneur à titre de l'aéronautique civile. Après mes voyages comme pilote d'avion pour transporter le courrier, je fini par rentrer à Paris pour épouser Consuelo Suncin, le 31 mars 1931. À l'âge de 35 ans, je me perds avec Jean Prévost et M. Conty dans le désert, après avoir percuté le haut d'un plateau. On nous retrouve huit mois plus tard. Suite à cette aventure, je décide d'écrire L'intransigeant.


Le 15 février 1938, je suis grièvement blessé lors d'un accident d'avion, suite à une surcharge de carburant et je reste 5 jours dans le coma. L'année suivante, je suis nommé officier de la Légion d'Honneur. En février, j'obtiens le Grand Prix de l'académie Française pour mon livre Terre des hommes, Le 4 septembre je suis convoqué à Toulouse pour être moniteur de pilotes. Puis, je suis déclaré inapte aux missions de guerre. Maintenant je ne fais que des missions de reconnaissance. A l'âge de 41 ans je m'installe au 240 Central Park, à New-York. Le 16 mai 1944 je rejoins l'escadrille. Le 14 juin j'effectue ma première mission. Avant-hier, le 29 juillet 1944, le colonel Chassin me conseille d'arrêter, mais je lui réponds : " C'est impossible, je reste avec mes camarades jusqu'au bout... " Aujourd'hui, c'est ma dernière mission, je décolle donc à 8h45...


Le premier avril 1926, à l'âge de 26 ans je publie ma première oeuvre imprimée dans le Navire d'Argent; L'aviateur. Trois ans plus tard c'est la parution de mon second livre Courrier sud. En décembre 1931 je reçois le Prix Fémina-Vie Heureuse pour mon livre Vol de nuit qui obtient un succès considérable. Après mon accident survenu à 260 kilomètres à l'heure dans le désert, je publie le récit de mes aventures dans L'intransigeant. Agé de 39 ans mon livre Terre des hommes qui à été publié plus tard en 163 exemplaires me fait obtenir le Grand Prix de l'Académie Française en décembre 1939. La même année la version anglaise du livre Wind; sand and stars obtient le National Book Award. Le 20 février 1942 âgé alors de 42 ans paraît Pilote de guerre. Puis l'année suivante en février j'écris Lettre à un otage et le 6 avril de la même année j'écris l'un de mes livres le plus connu Le petit prince. Plus tard il sera traduit 121 fois par 250 éditeurs dans 83 pays.

Louis-Philippe Tremblay

Bibliographie

  • CHEVALlER, Pierre. Antoine de Saint-Exupéry, Paris, Galimard, 1950.
  • MIGELO, Marcel. Saint-Exupéry, Paris, L'aventure vécue, 1966.
  • SAINT-EXUPÉRY. Antoine de, Le petit prince, New-York, Harbrace Paperbound Library, 1943


Je suis…
Amantine-Aurore-Lucile Dupin dite George Sand (1804-1876)


Nous sommes le 1er juillet de l'année 1804. Dans une maison de Paris, sur la rue Meslay, une femme hurle de douleur alors que son époux angoissé attend la naissance de son enfant. Une dernière poussée et voilà que les pleurs d'une minuscule fillette envahissent la demeure. Je suis enfin née. Mes parents me donnent le nom d'Aurore Dupin et une vie paisible commence pour moi. Dès l'âge de 4 ans cependant, ma vie est chamboulée par la mort de mon père. Dès lors, je mène deux vies complètement opposées l'une à l'autre. Constamment en voyage entre Paris et Nohant,je me retrouve à la croisée d'une double éducation: aristocratique et paysanne. Mon précepteur m'enseigne le latin et les sciences tandis que je suis initiée à la vie champêtre dans la campagne de Nohant. En 1818, j'entre finalement comme élève au couvent des Dames augustines anglaises pour deux ans dans le but de parfaire mon éducation...


Un an après ma sortie du couvent, je rencontre Casimir Dudevant dans les rues de Paris et je l'épouse en septembre 1822, à peine un an après l'avoir rencontré. Je suis alors âgée de 18 ans. Nous demeurons à Nohant et six longues années passent avant que je donne naissance à mon fils, Maurice Dudevant. Ma joie d'être mère est entachée par les multiples mésententes entre mon mari et moi, mais cela ne m'empêche pas d'accoucher d'une petite fille quelque temps plus tard. Toutefois, en 1830, devenue la maîtresse de Jules Sandeau, un écrivain français, je décide brusquement de changer de vie. Avec l'accord de mon mari, je quitte Nohant et retourne à Paris où je fais la connaissance de plusieurs écrivains français comme Latouche, Balzac, Monnier et Janin. C'est à ce moment que débute ma carrière de romancière et également une période de ma vie où se succèdent les relations amoureuses. En effet, après ma rupture avec Jules Sandeau, j'ai une liaison avec Alfred de Musset. Je rencontre par la suite l'avocat républicain Michel de Bourges qui m'intéresse progressivement aux idées socialistes. Sous l'influence de mon nouvel amant, je fréquente les principaux conspirateurs de l'époque tels que Lamennais et Pierre Leroux. Ma liaison avec Michel de Bourges, aussi orageuse que toutes les précédentes, dure jusqu'en 1837 et je commence ma liaison avec Chopin dès juin 1838. Cependant, malgré tous ces amants, je n'en reste pas moins la femme de Casimir Dudevant. Notre mariage n'est que dispute même si on ne se voit que très rarement et Casimir me refuse toute implication dans l'éducation de nos enfants jusqu'au jour où une querelle conjugale plus grave que les autres éclate. Il me gifle alors publiquement et me menace d'un fusil ce qui me pousse à demander la séparation. Elle m'est accordée et j'obtiens le droit de m'occuper personnellement de l'éducation de ma fille et d'avoir un droit de regard sur celle de mon fils.


Chacune de mes liaisons amoureuses a énormément influencé ma carrière de romancière. Celle-ci a d'ailleurs débuté grâce à mon premier amant. En effet, dès mon arrivée à Paris avec Jules Sandeau, j'écris en collaboration avec lui un roman intitulé Rose et Blanche qui fut signé J. Sand.


Cependant, comme plusieurs obstacles se dressent devant moi pour la seule et unique raison que je suis une femme, je n'hésite pas à m'habiller en homme et à sortir cigare au bec. Je déguise jusqu'à ma voix et je m'amuse follement. Je veux toutefois combattre les hommes sur leur terrain professionnel. En mai 1832, je publie donc mon premier roman, Indiana, rédigée en 6 semaines sous le coup de l'inspiration et qui plaide la liberté amoureuse des femmes. J'utilise alors le pseudonyme de George Sand comme me l'a offert Sandeau. Ce roman est suivi dans la même année de Valentine. Alors reconnue d'emblée par les plus sévères critiques, je suis appelée à collaborer à la Revue des Deux Mondes, qui s'engage à me verser une rente annuelle de quatre mille francs contre 32 pages de copie hebdomadaire. En 1833, je publie Lélia, un roman dans lequel je dénonce l'institution du mariage et qui suscite une vive controverse. Pendant ma relation avec Alfred de Musset, je publie également Le Secrétaire intime qui inaugure une série de romans vénitiens où les héros vivent des aventures passionnées. Dès cette époque, je suis considérée comme un auteur pernicieux par la critique conservatrice et catholique...


Ma liaison avec Michel de Bourges réveille en moi des idées sociales et, simultanément à ma carrière de romancière, je deviens une journaliste militante au service de la cause socialiste. Ainsi, en 1841, je fonde, avec l'aide du socialiste Pierre Leroux, la Revue indépendante dans lequel je publie plusieurs de mes récits traitant de problèmes sociaux. C'est alors que la Révolution de 1848 éclate. Je prends position aux côtés de Ledru-Rollin et je m'implique avec passion pour soutenir la cause révolutionnaire. Mon engagement donne lieu à une suite d'écrits passionnés. Puis la flamme révolutionnaire prend fin avec les émeutes de juin. Me sentant menacée, je me réfugie à Nohant et révèle dans la Petite Fadette l'étendue de ma déception politique.


Désabusée et assagie, j'écris une série de récits champêtres et poursuis la rédaction de mes mémoires que je publie en 1855 sous le titre Histoire de ma vie. Par la suite, je publie un grand nombre de livres dans lesquels il est difficile de retrouver la trace de mon engagement. En effet, dans mes derniers romans, je pardonne à la bourgeoisie, mais je prends pour cible l'Église contre qui je dirige l'essentiel de mes coups. C'est finalement à la suite d'une courte et douloureuse maladie que je m'éteins, le 8 juin 1876, après 71 années de combat... II sera toutefois inscrit sur mon acte de décès la mention " sans profession "...

Audrey Laliberté

Bibliographie

  • MARSEILLE, Jacques, Les grands événements de l'histoire des femmes, Paris, Larousse, 1993
  • PIROTTE, Huguette, George Sand, Paris, Éditions Duculot, 1980
  • RUSS, Jacqueline, Philosophie: les auteurs et les oeuvres, Paris, Bordas, 1996
  • SALOMON, Pierre, George Sand, Paris, 1953


Je suis…
Sappho (612-557 av. J.-C.)


Moi, Sappho de Mitylène, je viens au monde dans l'île de Lesbos, en Grèce. j'ai trois frères et je viens d'un milieu aristocratique. Très peu de textes parlent de mon aspect physique, mais ceux qui existent me décrivent avec un teint sombre, des cheveux de jais et une très petite taille. Platon s'intéresse beaucoup à moi et me surnomme la dixième muse. je suis aussi la fondatrice d'une forme particulière de poésie, la poésie saphique (vers latins ou grecs de onze syllabes que j'ai inventés). je suis une des premières à traduire mes émotions par des poèmes, plutôt que de consacrer ceux-ci aux dieux. je me suis mariée à Kerkylas, un marchand prospère, et je lui donne une fille qui s'appelle Cléis.


A mon époque, Lesbos est un centre culturel et même si je voyage beaucoup, je passe la majorité de mon temps sur l'île. j'y ouvre une école de poésie et de musique pour jeunes filles. Même si je suis mariée à un homme, ma véritable passion est dirigée vers le sexe féminin. je choisis mes amantes parmi mes élèves et celles-ci me quittent après quelques années pour se marier. Dans les autres régions de la Grèce, on critique ma vie et mon amour pour les femmes. je trouve finalement la mort en me précipitant en bas d'une falaise pour un amour refusé. Certains disent que cet amour est attribuable à une femme, car j'ai laissé, avant de me tuer, un poème de désespoir dédié à ma chère amie. D'autres soutiennent, peut-être pour sauver ma réputation, que la raison de ma mort est un homme, le seul que je suivis sans relâche et qui m'ignorera.


De toute l'œuvre que j'ai accomplie, il ne reste que des fragments. Pourtant, à une certaine époque, il aurait été possible de remplir neuf gros volumes de mes écrits de poésie. Cependant, beaucoup de temps s'est écoulé depuis la Grèce Antique, et beaucoup de mes poèmes se sont promenés et ont été perdus par négligence. De plus, les désastres, naturels ont aussi contribué à leur disparition. Ma poésie s'adressait surtout aux femmes dont j'étais éprise et sur qui je fantasmais avec des mots. Durant le 19ème siècle, quelques restes de mon oeuvre ont tout de même été découverts dans la vallée du Nil, en Égypte. Des parties de parchemins transcrits de mes vers ont été retrouvés en grand nombre, ayant été utilisés pour envelopper des momies, des animaux ainsi que des objets sacrés.


Beaucoup de poètes se sont inspirés de moi et de mes travaux. Michael Field, Pierre Louys, Renée Vivien, Marie-Madeleine et Amy Lowell m'ont tous citée comme étant fortement influente dans leurs écrits. Voici un extrait d'un poème traduit dédié à Atthis:


" Car, dans mon amour, face à toi, je te vois semblable à Hermione et je ne rougis pas, que les dieux me pardonnent, de comparer une mortelle à la blonde Hélène.

Isabelle Riedl

Bibliographie

  • MARSEILLE, Jacques, Les Grands Evènements de l'Histoire des Femmes, Paris, Larousse, 1993.


Je suis…
Jean-Paul Sartre (1905-1980)


Mon nom est Jean-Paul Sartre, philosophe et écrivain français. Oui, oui écrivain ! Je suis né en 1905. Plus précisément le 21 Juin à Paris. Mon père Jean-Baptiste Sartre est mort en 1907, deux ans après ma naissance. Je n'ai donc aucun souvenir de mon père. Ma mère Marie Schweitzer est très jeune. Mon père et elle, s'étaient mariés depuis peu. Ma mère, suite à la mort de mon père, est retournée chez ses parents (Charles et Louise Schweitzer) avec moi. Elle se remarie en 1916. J'ai fait mes premières études au Lycée de la Rochebelle. Le 24 Juin, je suis rentré à l'École normale d'où j'ai reçu mon agrégation de philosophie en 1929. J'ai eu quelques condisciples. Paul Nizan, Raymond Aron, Georges Ganguilhem, Maurice Merleau-Ponty.


En 1929 aussi, j'ai fait la rencontre de ma conjointe, Simone de Beauvoir. J'ai séjourné à Berlin, deux ans. Là-bas, j'ai découvert la pensée d'Edmund Husseri. Sa pensée aura une grande importance pour l'élaboration de ma propre pensée. Par la suite, cinq ans plus tard, j'ai été mobilisé et fait prisonnier en 1940, mais j'ai été libéré en 1941. L'année suivante j'ai participé à la Résistance en formant le réseau socialiste liberté. À la fin de la guerre, j'ai abordé l'enseignement et j'ai fondé la revue Les Temps Modernes, qui deviendra une revue importante de la gauche intellectuelle au contenu essentiellement politique. J'ai été la principale figure de l'existentialisme athée. En mai 1968, j'ai soutenu les maoïstes et j'ai milité à leur côté. J'ai refusé un prix Nobel de littérature. Je ne me perçois pas tout à fait comme un écrivain mais plutôt comme un philosophe. Je souhaitais mettre mes thèses philosophiques en lumière. C'est pour cela que j'ai été attiré par le théâtre. Puis, je meurs en 1980.


J'ai écrit des oeuvres diverses. J'ai aussi écrit des pièces de théâtre. Parmi les livres, il y a La Nausée, mon plus célèbre, Le Mur, l'Enfance d'un Chef, l'Être et le Néant. Parmi les pièces, il y en a quelques-unes comme Mouches et Huit Clos. Mais il y a encore d'autres volumes et quelques préfaces non rassemblés. Ma première publication est l'Imaginaire en 1940. Mon livre le plus célèbre est la Nausée, un roman philosophique où est présenté l'expérience de la contingence, c'est-à-dire le fait pour l'homme d'être, sans justification, au même titre que les objets du monde. Cette expérience est vécue comme une nausée que subit Antoine Roquentin le personnage principal. Morts sans Répulture et les Mains Sales sont d'autres pièces de théâtre. Avec ma conjointe Simone de Beauvoir et Maurice Merleau-Ponty, j'ai fondé la revue les temps modernes. Une revue politique très engagée. En effet, ne seront publiés que des écrivains qui cherchaient à ouvrir " le champ des possibles de la liberté ". Pour moi, la philosophie, n'est pas seulement une réflexion sur la politique. Elle est indissociablement, liberté de la réflexion, critique et engagement, action concrète et intellectuelle. La liberté est le fondement de toutes les valeurs !

Nicolas Ouellet

Bibliographie

  • L'Encyclopédie de A à Z


Je suis…
Socrate (470-399 av. J.C.)


Je suis Socrate. Je suis né à Athènes en 470 avant Jésus-christ. Mon père, Sophroniscus était sculpteur et c'est le premier métier que j'ai exercé. J'ai même du talent puisqu'on m'attribue certaines statues devant le Parthénon lesquelles ont survécu jusqu'au deuxième siècle. Ma mère, Phaenarete était sage-femme. Dans mon enfance, j'ai reçu une éducation élémentaire en musique, littérature et en gymnastique. Plus tard, je me suis familiarisé avec la rhétorique (façon de parler correctement) et les pensées des sophistes, qui étaient les philosophes de l'époque. J'ai aussi étudié la culture d'Athènes.


Dans la guerre du Péloponnèse, avec Sparte, je sers comme homme d'infanterie avec un grand courage dans plusieurs batailles célèbres... Je me suis marié deux fois: la première avec la fille d'Aristide et la deuxième avec Xanthippe.


Vers 399 av. J.-C, j'ai refusé de vendre des opposants politiques. En raison de ma pensée et même si j'avais une profonde conviction religieuse, j'ai été accusé d' " introduire de nouveaux dieux et de corrompre la jeunesse " en raison de la " voix divine " que je disais entendre tout le temps. J'ai été jugé devant un jury et j'ai été déclaré coupable par une faible majorité. Platon a écrit ce que j'aurais vraisemblablement dit lors du procès. J'aurais pu demander grâce, et quitter la ville, mais je ne pouvais pas sans me déplaire à moi-même. Mes amis ont même préparé ma fuite, mais j'ai refusé de les suivre. J'ai préféré mourir et j'ai avalé une coupe de poison, la ciguë, entouré de quelques-uns uns de mes amis les plus proches qui m'ont accompagné dans les derniers jours de ma mort.


On ne sait pas beaucoup de chose sur moi parce que je n'ai jamais rien écrit. Par contre, cela ne m'a pas empêché d'influencer la philosophie occidentale. Je suis le premier philosophe à être né à Athènes et à avoir exercé à Athènes ce qui est une première pour mon époque. J'étais très laid, mais ma beauté était intérieure. Ma vie vous est surtout connue par mon élève Platon qui a écrit des Dialogues où j'étais le porte-parole. Encore aujourd'hui, il est difficile de savoir si ce sont véritablement mes paroles ou bien la pensée de Platon qu'il a transmis dans ses Dialogues. Xénophon, qui était aussi mon élève, a écrit, des Dialogues où je suis le porte-parole.


Je n'essaie pas d'enseigner aux gens, mais je leur fais trouver la réponse aux questions philosophiques qu'ils se posent à l'intérieur d'eux. Je feins de ne rien connaître, et j'assiste mes élèves pour qu'ils trouvent la pensée juste. J'oblige les gens à réfléchir. Je pense que la vraie connaissance vient de l'intérieur de chacun. Selon moi, tous les hommes peuvent faire de la philosophie en eux-mêmes s'ils veulent raisonner. C'est la base de mon enseignement. Les scènes de réflexion avec les gens se déroulent en plein air, souvent dans la rue ou au marché. N'importe qui me parlant peut être tourné en ridicule par la foule. C'est une des raisons pour laquelle certaines personnes me trouvent dangereux et veulent m'éliminer.


J'ai vécu en même temps que les sophistes. (Les sophistes étaient un groupe de personnes cultivées qui s'intéressaient plus au raisonnement logique qu'à la découverte de la vérité.) Je réfléchis aussi bien qu'eux, mais ne me considère pas comme une personne cultivée et c'est pourquoi contrairement aux sophistes, je refuse l'argent qu'on me donne pour mes services. Je prétends entendre une voix divine. Cette voix me disait: " Celui qui sait ce qui est bien fera ce qui est bien. " Quand nous faisons quelque chose de mal, c'est que nous sommes dans l'erreur. Voilà pourquoi nous devons toujours en savoir plus. Le vice vient de l'ignorance et moi je tente de séparer ce qui est bon de ce qui ne l'est pas. Et contrairement aux sophistes, je pense que chacun peut le faire en lui-même et que ce n'est pas la société qui peut le faire à notre place. Selon moi, personne n'est fondamentalement mauvais.

Maxime Aubin

Bibliographie

  • BRUN, Jean. Socrate, Paris, Presses universitaires de France, Paris, 1966.
  • Collectif. Encyclopédie Le nouveau tout connaÎtre, Montréal, Encyclopédie populaires inc.
  • SAUVAGE, Micheline. Socrate, la conscience de l'homme, Éditions du Seuil, 1961.
  • GAARDER, Jostein. Le monde de Sophie, Paris, Éditions du Seuil, 1995.


Je suis…
Baruch Spinoza (1632-1677)


Je suis Baruch Spinoza et je suis certainement le disciple le plus compromettant de Descartes. Je suis né en 1632 à Amsterdam, dans une famille de riches marchands juifs, originaires d'Espagne. Je fréquente des Juifs libéraux et me détache de l'orthodoxie juive. Je suis " excommunié " de la synagogue en 1656. Un Juif fanatique tente même de m'assassiner.


Chassé de la communauté juive, j'assure ma subsistance en polissant des verres de lunettes, un métier que m'avait appris mon père. Après avoir publié, en 1663, les Principes de la philosophie de Descartes, je fais paraître anonymement, en 1670, le Traité théologico-politique. Cet ouvrage est explosif: j'y expose une méthode critique pour étudier les textes sacrés et nier les miracles. Grâce à la protection de Jan de Witt, un homme politique hollandais, je suis épargné, mais le Tractatus me vaut bien des insultes. En 1673 l'Électeur du Palatinat (Rhénanie) m'offre une chaire de philosophie à Heidelberg. Je refuse cette chaire craignant de ne pouvoir m'exprimer librement. Je meurs souffrant d'une maladie incurable aux poumons. En février 1677, on publie plusieurs de mes autres oeuvres, grâce à un don anonyme.


La raison humaine est le fondement d'une conduite bonne dans le système que j'ai développé. Dans mon ceuvre majeure l'Éthique démontrée selon la méthode géométrique, (Ethica ordine geometrico demonstrata, 1674) mes oeuvres ont une influence considérable et souvent décisive dans la philosophie, en particulier dans la philosophie allemande du XIXème siècle. À travers un ordre mathématique et géométrique, je traite de Dieu, substance unique et infinie, d'où tout découle Ainsi je déduis l'éthique de la philosophie, et la psychologie de la métaphysique. Je soutiens la neutralité morale de toute chose du point de vue de l'éternité - " sub specie aetemitatis " - seuls les besoins et les intérêts humains déterminent ce que je considère comme bon ou mal, juste ou faux.


Tout ce qui aide l'humanité à connaître la nature ou tout ce qui est en accord avec la raison humaine est reconnu comme bon. Comme on peut raisonnablement supposer que, ce que les hommes ont en commun, est aussi ce qui est le meilleur pour chacun d'eux, le bien auquel ils devraient aspirer pour les autres est le bien auquel ils aspirent pour eux-mêmes. La raison est en outre nécessaire pour tenir les passions en échec et pour connaître le plaisir et le bonheur en évitant la douleur. À mes yeux, l'état suprême pour l'homme est l'amour intellectuel de Dieu! Dérivé de l'entendement intuitif, cette faculté est supérieure à la raison ordinaire. L'usage adéquat de cette faculté permet de contempler la totalité de l'univers mental et physique et de comprendre qu'il contient une substance infinie que je nomme " Dieu! ".

Jean-Paul Simon

Bibliographie

  • DELEUZE, Gilles. Spinoza, France, esses Universitaires. 1970.
  • MISRAHI, Robert. Spinoza, France, Seghers, 1964.
  • RUSS, Jacqueline. Philosophie: les Auteurs, les oeuvres, Paris, Bordas, 1996.
  • THONNARD, F.-J.A.A. Histoire de la philosophie, Paris, Éd. Desclée & Cie, 1950.


Je suis…
Gertrude Stein (1874-1946)


Mes dernières paroles sur mon lit de mort sont: " Quelle est la réponse? " Puisque qu'aucune personne présente ne répond, je dis: " Dans ce cas, quelle est la question ? "
Qui suis-je ?

C'est moi Gertrude Stein, née le 3 Février 1874 en Pennsylvanie, aux États-Unis. Durant mon enfance, j'ai vécu en France avec mes parents. Depuis 1903, je vis à Paris, 27 rue de Fleurus, avec mon frère Léo. J'ai étudié la biologie et la psychologie à la faculté de John Hopkins. Je suis une collectionneuse avertie d'oeuvres d'art excentrique. Je fréquente à quelques occasions le peintre Picasso, qui a fait mon portrait. J'ai une compagne intime qui se nomme Alice B. Toklas, depuis 1907. J'ai souffert jusqu'à près de soixante ans d'une méconnaissance que je considère comme injuste. Peu de gens connaît mon nom; tous on entendu celui de Picasso...


Mon appartement est l'un des plus importants salons littéraires de la place de Paris. Le samedi soir, mon salon est bondé de personnes. Il attire les cubistes, des artistes d'avant garde les plus influents de mon temps et des écrivains. Ma liste d'invités comprenait Matisse, Picasso et quelques autres. J'ai toujours cru en mon génie. Je me passionne pour des expériences linguistiques et stylistiques originales. Je pris une figure légendaire avec ma coupe de cheveux en sénateur romain, mon mécénat artistique et mon saphisme. Mes jours de bonheur et de gloire prennent fin le 27 juillet 1946 à Paris à l'âge de 72 ans. En 1933, j'ai eu un immense succès avec la publication de mon livre: l'autobiographie de Alice B. Toklas, ma compagne de vie.


Mes premiers ouvrages les plus remarqués, sont Trois Vies, écrit en 1909, lequel se présente comme l'étude de trois caractères de femmes et les Américains d'Amérique écrit en 1925, un roman qui esquisse l'histoire sociale et culturelle de ma propre famille. Chacun de ces deux textes se caractérise par une forme narrative tout à fait originale. J'échafaude diverses théories sur la composition littéraire, réunies dans Lectures en Amériques écrit en 1935. En 1914, j'écris un recueil de poésie expérimentale, Tendres Boutons. Je relate souvent dans mes écrits, mes expériences diverses: un texte intitulé curieusement Autobiographie délice B. Toklas écrit en 1940 est en fait ma propre autobiographie; il connaît un immense succès. Tout de suite après j'écris l'autobiographie de tout le monde écrit en 1937 et Paris France écrit en 1940, qui réunit mes impressions sur mon pays d'adoption. Les guerres que j'ai vues écrit en 1945, raconte ma vie quotidienne en France sous l'occupation allemande pendant la seconde guerre mondiale. Brewsie et Willie écrit en 1946, est un livre où je dresse le portrait, plein de sympathie, de soldats américains débarqués en France pour lesquels je me suis liée d'amitié...


En 1940, j'écris un livre intitulé Paris France. Dans ce bouquin j'ai réuni mes impressions sur mon pays d'adoption. Il contient évidemment de nombreux recueils de mes magnifiques souvenirs à propos de ma famille. Il y aussi quelques anedotes, reçues avec mon grand frère Léo. Si vous lisez un jour mon livre, vous remarquerez qu'au fil des pages, il y a des petites histoires et de grands faits. J'ose parler aussi de ma vie quotidienne. Je parle de la perception de la guerre dans la province du Bugey où ma compagne et moi avons trouvé refuge. Je vous informe du rôle de la France dans l'avènement de la modernité.

Marie-Ève Turcotte

Bibliographie

  • MARSEILLE, Jacques, Les grands événements de l'histoire des femmes, Paris, Larousse, 1993
  • TOKLAS, Alice B. Ma vie avec Gertrude Stein, édition du Rocher, 2000


Je suis…
Pierre Teilhard de Chardin (1881-1955)


Je nais au château de Sacemat près de Clennont-Ferrand dans une famille catholique de la petite noblesse terrienne, le 1er mars 1881. Dès mon enfance, je fais déjà des explorations ! Je suis alors très fasciné par la chaîne des Puys au contrefort de laquelle s'adosse la maison familiale. Donc, un matin j'entraîne ma soeur Marguerite-Marie avec moi et nous partons à la découverte des volcans. Évidemment, très tôt nous nous sommes arrêtés, mais ma passion pour la géologie en n'est point affectée ! Durant mon enfance, je suis élevé dans des collèges jésuites. Par la suite, je poursuis mes études à la Sorbonne qui sont évidemment interrompues par la Première Guerre mondiale. Pendant ces quatre années, j'occupe le poste d'infirmier au front.


Après ces années d'horreurs, je soutiens, sous la direction de Marcellin Boulle, ma thèse de paléontologie affirmant déjà l'accord possible entre la science et la foi. Par la suite, j'obtiens une chaire de géologie à l'Institut catholique de Paris ce qui m'amène par la suite à participer à de nombreuses missions scientifiques en Extrême orient. En 1929, je prends part aux fouilles de Zhoukoudian près de Pékin, où je découvre alors l'environnement culturel de l'Homo Faber, connu sous le nom d'Homme de Pékin. En 1931, je suis choisi pour participer à la fameuse Croisière jaune Haardt-Citroën. Ensuite, je participe à des expéditions en Inde, en Birmanie et à Java. Au cours de mes nombreux déplacements, j'habite en Chine jusqu'à la deuxième guerre mondiale et après un séjour à Paris je m'installe à New-York à la Werner-Gren Fondation for anthropology. À partir de mon installation à New-York, je peux participer aux fouilles de gisements d'australopithèques en afrique australe. J'émets alors l'hypothèse d'une origine africaine de l'homme (Homo sapiens). Et le matin de Pâques 1955, la mort me terrasse brusquement. Je suis inhumé à Saint-Andrews-sur-Hudson dans une propriété où les Jésuites de la province de New-York ont leur noviciat.


Mon ouvrage principal, Le Phénomène Humain, est une tentative pour mettre en forme une vision évolutionniste complète qui répond aux problèmes scientifiques et religieux. J'interprète l'évolution comme un processus ayant un objectif dans lequel la matière-énergie de l'univers a continuellement changé vers une complexité croissante. Avec l'émergence de l'humanité, l'évolution entre dans une nouvelle dimension. L'homme, comme une flèche, désigne le sens de l'univers. Le Phénomène Humain se veut d'être pour le lecteur une introduction à une explication du Monde.


Toute ma vie, j'essaie d'unir la nature à la foi. Très souvent ces deux réalités sont mises en opposition par le peuple. Mon Église voit dans mes écrits un danger pour la foi. Ainsi, je ne suis pas autorisé à publier mes écrits autres que mes travaux scientifiques de mon vivant. Lorsqu'ils sont enfin publiés, le Saint-Office lance un appel (1962) de mise en garde à leur sujet. Dans tous mes ouvrages, même dans ceux qui ne sont pas destinés à la publication, j essaie toujours de poser, avec la plus grande netteté, les plus difficiles problèmes. Peut-être est-ce pour cela que mes oeuvres n'ont été publiées qu'à titre posthume et qu'ils ont généré tant d'émoi. Beaucoup de mes oeuvres ont été écrites pendant mes excursions. En effet, en 1923, lors d'une excursion dans les Ordos, j'écris un ouvrage qui deviendra plus tard un chef d'oeuvre: La Messe sur le monde. En 1926, j'écris Le Milieu Divin. Dans mes oeuvres postérieures, ma pensée se précise, elle devient plus rigoureuse. Ce n'est seulement que dans les écrits de mes 15 dernières années que j'exprime vraiment le creur de ma pensée. Le Phénomène Humain, le Coeur de la Matière (1950) et le Christique (1955) sont des oeuvres très connues qui font évidemment part de ceux que je crois fondamentales.

Maxime Côté

Bibliographie

  • BARTHÉLEMY-MADAULE, Madeleine et al, Teilhard de Chardin, France, Librairie Hachette, 1969.
  • TEILHARD DE CHARDIN, Pierre, Le phénomène humain, France, Édition du Seuil, 1955.
  • GUENOT, Claude, Teilhard de Chardin, France, Édition du Seuil, 1962.
  • " Teilhard De Chardin " dans Encyclopédie Microsoft Encarta 97 (©1997).
  • " Philosophie " dans Encyclopédie Microsoft Encarta 97 (©1997).
  • "Teilhard de Chardin " dans Dictionnaire des biographies, Paris, Presse Universitaire de France, 1958.
  • http://www.ifrance.com/prehisto/teilhard_de_chardin.htm


Je suis…
Thomas d'Aquin (1225-1274)


Avant de me présenter, je vous mentionne deux événements importants qui ont eu lieu avant ma naissance et qui ont une influence sur ma vie; la fondation des frères prêcheurs en 1205 et le Concile du Latran en 1215.


Je suis né de famille de petite noblesse féodale au château de Rocca-Secca, près de Naples (Golfe au sud de l'Italie) en 1225. Mes parents étaient le comte et la comtesse d'Aquin. J'étais le quatrième des six enfants que mes parents ont eus. Mes frères aînés deviennent soldats et mes soeurs font de hauts mariages. J'aurais pu prétendre à de hautes charges dans le monde, à la richesse et à la gloire. Mais j'ai préféré négliger tout cela pour servir Dieu. De 1230 à 1239, je suis Oblat au monastère du Mont-Cassin, c'est à dire que je me joins à cette communauté religieuse sans prononcer les voeux de pauvreté, de chasteté et d'obéissance. Le Mont-Cassin est un lieu très connu et très riche, fondé des siècles avant par Saint Benoit. Les moines font mon éducation. J'apprends avec une facilité déconcertante. Ensuite de 1239 à 1244, j'étudie à l'université de Naples. L'enseignement est dispensé par des prêtres et des religieux. Après une demande pour faire partie des leurs, les frères prêcheurs hésitent un peu mais acceptent et je revêts donc l'habit blanc en 1244.


Lorsque ma mère apprend que je veux aller à Paris pour poursuivre mes études chez les frères prêcheurs, elle est folle de rage. Mes frères vont même jusqu'à m'enlever de mon couvent et à chercher sans succès à me détourner de ma vocation par toutes sortes de procédés indignes. Ma mère m'enferme et mes soeurs essaient de me convaincre de changer d'idée mais c'est plutôt moi qui réussi à les convaincre et elles deviennent mes complices. Elles m'apportent des livres et mon habit de moine. Je suis captif pendant deux ans et ma mère, qui n'est pas au courant que mes soeurs sont de mon côté, ne comprend pas pourquoi je ne cède pas. Finalement, mes amis m'aident à m'échapper et je vais poursuivre ma formation à Paris et ensuite à Cologne pour suivre Albert Le Grand. En 1252, je séjourne à Paris et je rédige les commentaires sur les sentences de Pierre Lombard. Quatre ans plus tard, je suis maître en théologie et je rédige La somme contre les gentils. De 1267 à 1273, je rédige mon ouvrage le plus célèbre: La somme théologique. Je finis ma vie en enseignant à Naples puis je suis mort le 7 mars 1274, à l'abbaye cistercienne de Fossanova alors que j'était en route pour me rendre au Concile de Lyon. J'ai été canonisé en 1323 par le Pape Jean XXII.


J'ai entre autre écrit: Commentaires sur les Psaumes, De Anima, De Potentia, La Somme Théologique et La Somme contre les gentils, c'est-à-dire les philosophes païens arabes et juifs (Averroès et Maimonide), un de mes ouvrages fondamentaux. C'est un exposé complet sur le dogme chrétien destiné à convaincre les intellectuels musulmans de la vérité du christianisme. Composé de quatre livres (Dieu, la Création, la Providence et la Révélation), il traite de l'essence de Dieu. Si la raison humaine peut démontrer l'existence de Dieu, elle ne peut pas accéder à son essence. Aussi existe-t-il une vérité supérieure, qui s'est imposée aux hommes par la révélation divine. S'il est vrai qu'ils ne sauraient être prouvés, les dogmes révélés peuvent être pensés et compris par la raison naturelle. Ma théorie entend ainsi réconcilier la raison et la foi, Aristote et la Bible.


J'ai commencé à écrire La Somme théologique (Summa Theologiae) en 1266 et je n'ai jamais pu la terminer. C'est un exposé de toute la science théologique et philosophique qui servait de pense-bête à tous mes étudiants en théologie. Mon oeuvre se divisait en 3 parties: "Dieu", "La vie morale de l'homme" et "Le Christ". Ma dernière partie demeura inachevée. La Somme Théologique a connu de nombreuses rééditions. Mon livre reflète le regain d'intérêt de mon époque pour la raison, la nature et le bonheur terrestre ainsi que ma foi et mon souci du salut de l'âme. Il représente également le perfectionnement et l'accomplissement de la somme et la méthode scolastique. La scolastique est multidisciplinaire, La Somme Théologique en est la preuve.

Félix Paquin

Bibliographie

  • BRETON, Stanislas, Saint-Thomas d'Aquin, Paris, Seghers, 1972.
  • DIDIER, Edmond Proton, Thomas d'Aquin, Paris, Éditions universitaires, 1969.
  • Encyclopédie Microsoft® Encarta® 2000. © 1993-1999 Microsoft Corporation.
  • La grande encyclopédie, Paris, Larousse, 1976.


Je suis…
Simone Weil (1909-1943)


Je suis née à Paris, le 3 février 1909, dans une famille juive. Je suis la soeur cadette d'André Weil, ancien élève du philosophe Alain et proche collaborateur d'Einstein. J'entre très jeune à l'École Normale Supérieure et je réussis brillamment l'agrégation de Philosophie. J'enseigne ensuite dans divers lycées et je me mêle très tôt à la vie politique. Il va s'en dire que mes convictions révolutionnaires manifestées sans le moindre souci des convenances professionnelles ou mondaines, m'attirent quelques ennuis administratifs que j'accueille avec une sorte de dédain. À un inspecteur qui me menaçait de sanctions pouvant aller jusqu'à la révocation, je lui répond en souriant :
" Monsieur l'inspecteur, j'ai toujours considéré la révocation comme le couronnement normal de ma carrière ". J'ai poussé l'audace jusqu'à refuser le baptême à l'Église catholique en répondant: " Je suis prête à mourir pour l'Église plutôt qu'à y entrer, car mourir ne comporte aucun mensonge." Et vlan pour l'Église !


Je décide de partager le sort des plus opprimés. Grâce à un ami, je suis embauchée chez Alsthom, puis aux forges Carnaud, enfin aux usines automobiles Renault. Là travaillant à la chaîne, j'ai découvert la douleur physique et morale. Chaque soir, je note dans un cahier ma production et mes réflexions sur les événements de la journée. Je constate, en premier lieu le manque total d'humanité dans la grande industrie: L'homme y est considéré comme une machine, il perd toute sa dignité. Comme si quelqu'un répète à l'oreille de minute en minute, sans qu'on puisse lui répondre: " Tu n'es rien ici. Tu ne compte pas. Tu es là pour plier, tout subir et te taire".


Une telle vie est infernale. On en arrive à admettre, au plus profond de soi, qu'on ne compte pour rien. Vers la fin de ma courte vie, je m'impose de longs jeûnes pour communier aux souffrances de mes compagnons d'armes. À l'âge de 34 ans, je suis atteinte par la tuberculose et je me laisse mourir de faim... suicide ? maladie mentale ? C'est ainsi que je meurs le 24 août 1943, au sanatorium d'ashford.


Je n'ai rien publié de mon vivant, sinon quelques articles. La tentation est grande de trouver dans l'aventure de ma vie, ma plus belle ceuvre, et dans mes livres posthumes des écrits de circonstances, où se recueille le fruit de mes diverses expériences. Une vie héroïque dont l'oeuvre écrite est le sillage. C'est ma vie qui est une ceuvre de circonstances, une réponse à l'appel des prolétaires écrasés, à l'appel de la partie vaincue, à l'appel du christ outragé et méconnu. Et mon héroïsme on le retrouve en premier lieu, et comme à sa source, dans l'intrépidité de ma pensée, dans l'appétit de vérité qui me conduit.


Mon ouvrage " la pesanteur et la grâce ", révèlent mon mysticisme chrétien et mon ardente recherche de la justice sociale. Il sera publié 5 ans après ma mort. ce livre démontre bien que je suis une femme à l'âme sensible, entièrement dévouée au bien. Je sais admirer les beautés de la nature.

Isabelle Renaud

Bibliographie

  • CLEMENT, Elizabeth. La philosophie de a à z, Paris, Hatier 1994.
  • DEBIDOUR, Victor-Henri. Simone weil ou la transparence, Librairie Pion, Paris 1963.
  • HEIDSIECK, François. Simone weil, Vienne, Seghers.
  • THIBON, Gustave, introduction à la pesanteur et la grâce, Paris, Pion 1948.
  • WEIL, Simone . Simone weil, l'enracinement, France, Gallimard